Bienvenue sur . Glitch of magic ! si vous n'avez pas d'idées de personnage, nous avons créé un petit guide pour aider à la l'intégration de vos personnages inventés dans le contexte de Glitch. N'hésitez pas à réclamer des rp aléatoires de Noël !!! Des cadeaux à gagner tous les jours ici !!! .

 

 Lux ¤

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Date d'inscription : 25/01/2018
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Points : 2
x âge : 20 ans
x métier : Chanteuse rock
x statut : Sorcière

MessageSujet: Lux ¤    Jeu 25 Jan - 17:00

Lux Everhart
ft. Kaya Scodelario
DON'T JUDGE A BOOK BY ITS COVER
☕️ âge : 20 ans
☕️ orientation : Bisexuelle
☕️ situation : Célibataire
☕️ occupation : Chanteuse de la scène rock sorcière
☕️ quartier : Camden
☕️ qualités : Passionnée, avide de libertés, loyale, tolérante
☕️ défauts : Idéaliste, insécure (peur de l'abandon)
☕️ statut : Sorcière
☕️ groupe : Wicked Witch
OVERVIEW


Lux est une jeune sorcière né-moldue de 20 ans, chanteuse du groupe Vega from Afar sur la nouvelle scène rock sorcière. Ayant coupé tout contact avec l'intolérance de ses parents, elle a choisi une vie passionnée, faite de musique et d'amis tant sorciers que cracmols ou moldus, qui sont pour elle comme une famille. Son groupe se produit aussi bien dans les petits bars sorciers que ceux du Londres moldu, et elle n'aspire qu'à un idéal d'harmonie qui inspire la plupart de ses chansons. C'est au coeur de Camden qu'elle traîne ses rangers et ses nuits d'insomnie, passées à déambuler dans les rues de Londres au rythme d'éclats de rires ou de solitudes rêveuses.

that's my story
And it started like this...


2007

- Jeune fille.

Le minois contrarié de l’enfant,  obstinément rivé sur la dentelle ourlant sagement ses socquettes blanches, quitta à contrecœur l’objet de sa contemplation.  Lux heurta l’outremer houleux de ses grands yeux au regard irrité dont son père la toisait.

- Tes mains.

L’injonction résonna dans l’immense nef que tous ou presque avaient désormais désertée, ricochant ça et là au gré vertigineux des arches qui soutenaient la voûte. Se mordillant les lèvres pour réprimer ce qui brûlait d’en fuguer, Lux cessa de tortiller entre ses doigts la robe d’une blancheur candide que sa mère avait choisie pour elle, ce matin-là. Ses mains se croisèrent de nouveau contre l’immaculée percale, tandis que ployant les épaules sous un nouveau regard réprobateur, elle cessa de faire s’entrechoquer entre eux les talons bien proprets de ses petites chaussures vernies. D’un air maussade, la petite fille jeta un regard bref au Jésus crucifié qui régnait en tyran sur toute sa matinée ; s’il percevait vraiment ce qu’elle était en train de penser contre eux tous en cet instant, il n’en pipa pas un seul mot. Aussi continua-t-elle de laisser libre cours à ces mots silencieux qui lui nouaient la gorge,  les vouant tour à tour et à mesure que sa rancœur enflait aux trois adultes qui la surplombaient de toute leur hauteur. Elle ne savait ce qui l’étouffait plus d’injustice  de la honte qu’elle voyait luire dans les yeux de sa mère, du courroux de son père, ou de la gentillesse feinte dont le prêtre tentait en vain de camoufler son scepticisme.

Tous les trois demeuraient debout, raides et tendus comme les saints repoussants, grimaçants, gâchant la couleur des vitraux par leurs souffrances ;  tandis qu’elle n’avait eu que le droit de rester assise. Et de se taire, s’il vous plaît, à moins qu’elle ne consente à avouer ce qu’ils voulaient entendre.  Les tous derniers fidèles s’égrenaient en-dehors l’église lorsque le prêtre s’était approché, signalant aux parents Everhart que leur fille s’était débarrassée de sa Bible pour ne laisser sous la couverture qu’un livre en tous points vierge. Cela faisait de trop longues minutes que Lux s’évertuait  à supporter leurs remontrances scandalisées, jurant n’avoir jamais touché à un livre dont elle maudissait pourtant de tout son être chaque petite maudite page, mais ses promesses et son indignation n’avaient suffi à convaincre personne.

- Je l’ai ouvert et il n’y avait plus rien dedans. Je le jure , murmura-t-elle entre ses dents serrées, d’une voix tremblante.

Un soupir excédé et des grommellements qu’elle ne comprit pas se répercutèrent en écho dans toute l’église.

- Tu sais ce que je pense des mensonges, assena son père en recevant pour prix de sa vertu l’approbation fervente de Bethany.

Sentant une main trop impatiente saisir son bras pour l’inciter à se lever, l’enfant délaissa son banc des accusés pour s’avancer d’un pas réticent, joues pourpres de colère et flou des larmes au creux des yeux, vers le confessionnal où le prêtre attendait déjà qu’elle s’accuse et quémande pardon. Elle n’avait pas menti, pourtant ; l’image lui revint parfaitement de cet instant précis où l’incommensurable ennui du catéchisme s’était fait pure stupéfaction, tandis que le papier buvait toute l’encre des pages saintes, trop assommantes pour être lues. Cela l’avait soulagée.

Un peu comme quand elle n’avait pas aimé la robe qu’on lui avait choisie, et qu’elle avait changé de couleur.


Septembre 2008.

- Poufsouffle !

Une clameur soudaine rugit tout en vivats, tandis qu’une ondée d’enthousiasme soulevait les bancs d’élèves d’or et d’ébène. Suivant l’exemple des quelques têtes tout aussi intimidées qu’elle que ce chapeau avait réparti, Lux se dirigea à pas chancelants vers sa toute nouvelle table d’élection. L’émerveillement se disputait si fort en elle à l’incrédulité qu’elle ne cessait, comme un oiseau curieux, de tourner la tête en tout sens, pépiant son ravissement par des remarques juste à peine murmurées que personne n’entendait dans le vacarme ambiant. Ici, son regard s’accrochait comme malgré elle aux chandelles oscillant dans le plus pur suspens ; là, elle dévorait du bleu profond de ses iris celui du ciel magique et des méandres nuageux qui en obscurcissaient la voûte ; du bout des doigts, elle caressait sans pouvoir se retenir le saule vernis et si parfaitement lisse de la baguette qui reposait sagement au creux de sa poche… Etait-ce réel, tout ça ? Vraiment réel ?

Un vague sourire aux lèvres, Lux s’assit à l’invitation du préfet de sa maison sur l’un des immenses bancs flanquant la table.  Tout autour d’elle affleuraient l’enthousiasme et les bienvenue des plus âgés, qu’elle accueillait en rougissant sans qu’ils se rendent seulement compte de ce que cela signifiait pour elle. Sans qu’aucun ne réalise combien tout avait été dur pour elle dans son école privée, depuis trois ans déjà, à ne plus subir que la méfiance des autres de son âge face aux absurdes événements qu’elle déclenchait. Même ses parents, lorsque sa chanson préférée avait tonné dans toute l’église en lieu et place de l’orgue sentencieux, l’avait lorgnée quelques secondes avec un relent de crainte qui lui avait broyé le cœur.

Puis renfermé.

Toutes les répartitions suivantes lui passèrent comme au-dessus de la tête, tant la ballotait en suspens une alchimie fragile de joie et de culpabilité qui lui tordait le ventre. Les proclamations solennelles du vieux Choixpeau le disputaient en elle à l’écho révolté de ses parents, il y avait une poignée de semaines, lorsqu’une vieille femme à la voix douce s’était présentée à leur porte au nom du Ministère de la Magie. Kenneth et Bethany avaient tenté de lui fermer la porte au nez, mais elle était pour quelque raison obscure restée tout aussi grande ouverte que les lèvres de Lux à l’énoncé de sa nature véritable.

Jamais encore elle n’avait vu aucun de ses parents se mettre dans de tels états – rien de ce qu’elle avait pu faire par le passé ne l’avait encore confrontée aux éclats de voix qu’il lui semblait encore entendre ricocher jusqu’aux tréfonds de sa tête. Tandis que les cris de son père l’époumonaient d’indignation, sa mère la gardait protégée là dans son dos, comme si rien que cette vieille femme à la voix douce, d’une patience angélique, menaçait de détruire son monde tout entier. Il y eut tellement de mots dont elle ne comprit rien, cette soirée-là, jusqu’à ce que la vieille femme se décide à les expliquer tous – en détruisant tout le calme et la stabilité qui régnait jusque là en apparence au vertueux foyer des Everhart.

Kenneth n’avait pas supporté d’apprendre que ses propres parents avaient été sorciers avant que de lui donner naissance, à lui, un Cracmol dont l’absence de magie récompensait la force de leur foi et l’abandon de leur magie. Tous deux nés moldus et élevés dans le plus pur respect du verbe catholique, ils avaient abandonné cette sorcellerie qu’aucun d’entre eux n’avait jamais pleinement accepté de vivre. Toues les années d’angoisse passées à redouter que leur fils fasse montre de magie s’était laissées dissoudre dans l’infinie joie de le savoir épargné par la souillure qu’ils n’avaient jamais choisi de subir, et fini par abandonner.
Oui, l’absence de talent chez Kenneth avait été comme une bénédiction pour ses parents... Mais Lux, elle n’avait été pour eux qu’une punition. Du moins c’est ce qu’elle avait compris de ce qu’avait murmuré sa mère, les larmes aux yeux, avant que son père ne claque la porte de la voiture pour aller s’aérer l’esprit.

« Qu’est-ce qu’on a raté avec elle pour mériter ça ? »

Janvier 2013.

- Miss Everhart ?

Elle haussa les épaules pour toute réponse. Savoir ce qu’elle voulait faire de sa vie, là tout de suite ? Lux jeta un regard suintant le désintérêt aux différentes brochures d’orientation jonchant la table. Son directeur de maison attendait visiblement d’elle une petite once d’investissement en plus qu’elle ne semblait pas le moins du monde prête à manifester. La brochure très proprette du Ministère promettant finances internationales et lois barbantes lui refilait des visions d’elle en chignon bien tiré et sourires feints qui menacèrent de la faire grimacer. Se mordillant la lèvre, Lux hocha sensiblement la tête de gauche à droite en rejetant d’un geste tous les avenirs qui s’éparpillaient sous ses yeux.

- Je n’en sais rien , finit-elle par avouer en braquant droit le bleu contrit de ses yeux sur le professeur. Monsieur , rajouta Lux en se rappelant subitement des convenances, esquissant un sourire d’excuse.

Cet entretien lui faisait l’effet d’un tribunal où elle était sommée de choisir, du haut de ses quinze ans, l’obligatoire carrière glorieuse que le personnel ici attendait de chaque élève. Pourtant, quoiqu’elle ressente un vague malaise à l’idée de ne rentrer dans aucune case qu’on s’obstinait à lui proposer, Lux refusait de feindre la passion pour un chemin qu’elle n’emprunterait jamais. Ses seules et uniques ambitions se résumaient à la prochaine Biéraubeurre que ses amis et elle savoureraient entre trois éclats de rire aux Trois Balais, et à boucler enfin les paroles entichées de sa toute dernière chanson. Elles fleuraient le bon le parfum de cette fille de chez Serdaigle qui lui faisait tourner la tête jusqu’aux étoiles chaque binôme qu’elles formaient en cours d’Astronomie.

Cinq avant avaient passé, et la fragilité de ses onze ans s’était évaporée en même temps que l’influence de ses parents sur elle. Lux s’était révélée sorcière bien plus vivante qu’elle ne l’avait jamais été, et les merveilleux mois qu’elle passait à Poudlard l’arrachait peu à peu à ce linceul poisseux qui enveloppait la vertueuse banlieue des Everhart.  Seuls les longs mois d’été lui paraissaient le bout du monde, seulement sauvés par l’espèce de satisfaction amère qu’elle éprouvait à se complaire ouvertement dans sa magie aux yeux de ses parents. Le jour où elle pourrait la pratiquer en-dehors les murs de l’école n’arriverait jamais assez tôt, mais elle se rattrapait au sein de Poudlard  en excellant dans l’exercice des Sorts et Enchantements – quand elle en avait envie, du moins.

D’avoir été trop obligée petite à lire, retenir et pratiquer les sempiternelles leçons de religion qui la rebutaient tant, Lux avait conservé une réticence latente à s’investir dans ce qu’on lui imposait. Ses professeurs déploraient trop souvent son manque notoire de sérieux, les bavardages qui lui valaient de sombres regards noirs ou la sécheresse de remontrances qui lui valaient le sourire complice de ses amies tandis qu’elles s’essayaient à garder le silence. La persévérance au travail prônée par cette chère Helga lui passait un peu trop par-dessus la tête au niveau scolaire, pourtant l’approche des BUSEs qui réduisait à l’état de panique existentielle certains de ses camarades semblait n’avoir aucune prise sur elle. Il n’y avait aucune BUSE qui déciderait de ce qu’elle ferait des liasses et des rivières de mots couchés là sur papier et n’attendant qu’une mélodie,  non ?  

- Vraiment pas ? insista son professeur en avançant du bout des doigts les différentes brochures.

- Vraiment rien de tout ça, répondit Lux en un sourire sibyllin, comme gardienne d’un secret connu d’elle seule.

Le parfum de cette fille de chez Serdaigle revenait lui chantonner ses notes de cœur en tête, et les futurs n’avaient soudain plus aucune importance.

Novembre 2015.

- Everhart, Everhart…  

L’index inquisiteur de la directrice adjointe interrogeait rigoureusement le registre des étudiants dont Lux désirait disparaître. Assise en face de la directrice adjointe de sa faculté, elle en observait les recherches d’un regard éprouvé par l’impatience qui rongeait sa scolarité juste entamée, presque rayée. Sertis dans l’écrin de fards noirs qui en révélait tout l’éclat, ses yeux comme deux perles bleues brûlaient de contempler d’autres horizons que ceux de l’éternel château. Sept années passées en ses murs l’avaient laissée au bord de l’asphyxie, et les deux misérables mois d’absentéisme qu’elle avait consacrés à l’université trahissaient le malaise qu’elle ressentait.

- Cursus de Potions avancées,  c’est bien ça ?

Lux secoua la tête de gauche à droite d’un air désabusé.

- Lettres et philosophie sorcières , se contenta –t-elle de rectifier, tandis que la directrice attrapait un nouveau registre de deux mains empressées, moitié gênées, reprenant là où elle l’avait interrompue la course à l’Everhart qu’elle avait entamée.

Lux ne déplorait pas d’avoir fait si faible impression. Les bancs reluisant de l’amphithéâtre n’avaient été gratifiés de sa présence que lorsqu’ils résonnaient de philosophie – et les autres cours du cursus étaient allés se faire voir quelque part où elle n’était pas, ni elle ni la musique qui lui cognait sans cesse des tempes jusqu’à l’orée des lèvres. Rien d’étonnant à ce que personne n’ait associé son nom à la filière qu’elle avait choisie par défaut, à la rentrée, dans une dernière stupide lâcheté d’essayer ce que d’autres disaient n’être que le bon choix. Le choix de raison, celui du salaire à la fin du mois et des sages ambitions.  

- Everhart, commenta sobrement la directrice adjointe en avisant d’un œil contrit le nom qu’elle s’apprêtait à effacer de leur liste étudiante. Vous êtes sûre de ne pas regretter ?

- Certaine.

Ses doigts maculés des dessins qu’elle y avait tracés en déconnant avec le fantôme de Joey Mickens saisirent au vol la gracieuse plume de paon qu’on lui tendait. Lux apposa la pointe sur le parchemin officiel qu’on lui tendait, sentant l’effervescente adrénaline d’une vie de liberté pétiller dans ses veines, flirtant jusqu’au sourire en coin qui lui ourlait les lèvres. De son écriture souple elle apposa le point final à tous les efforts ridicules qu’elle avait consentis pour mieux rentrer dans le rang, en ayant pourtant toujours su qu’elle n’y avait pas de place. Pas plus qu’elle n’en avait auprès de ses parents, qu’elle avait copieusement reniés. Pas plus qu’elle n’en avait dans les registres de l’Eglise depuis qu’elle s’était faite débaptisée, et que l’apostasie s’était donnée des airs de poésie.

La directrice adjointe tapota du bout de sa baguette le nom de Lux au cœur de son précieux livret – et il s’en effaça, absorbé par le parchemin comme l’avaient été des années plus tôt ceux de la Bible. Un peu songeuse, le cœur battant, la jeune sorcière observa rêveusement le vide qui succédait peu à peu sur la page à son propre nom.

La seule idée de disparaître de tous les répertoires, de tous les officiels, lui glissa un frisson comme un doigt tentateur le long de la colonne vertébrale.

Elle était libre, maintenant. De se dissoudre dans le grand bain de la vie, dans les concerts de nuit, dans les rues seules au monde de sa Londres assoupie.

Août 2016

- Lyrae,  articula Lux en sentant creuser ses fossettes l’euphorie d’un sourire qui ne la quittait plus.

- Laisse tomber, Sage, retiens juste que c’est une constellation, ça ira plus vite, commenta quelques marches au-dessus la voix goguenarde de Blaze, leur batteur.

Un rire lui échappa bien malgré elle, dont Lux voulut se faire pardonner en déposant furtivement un baiser sur la tempe de Sage, au creux des longs cheveux blonds qu’elle avait noué en chignon négligé. Ceux de Lux dévalaient ses épaules, offertes nues à la tiédeur d’une nuit été qui enveloppait la capitale d’un élan de vie exubérant. Elle rejeta la tête en arrière pour mieux savourer sur son cou la fraîcheur salvatrice d’une brise qui parcourut Clapham Common d’arbres en buissons. La moiteur était telle sur Londres que depuis plusieurs semaines, la dizaine d’âmes de tout leur petit groupe se réunissait tard le soir et jusque très tôt dans la nuit pour profiter du parc déserté, après avoir quitté le Boggart  ; le kiosque à musique était l’endroit où ils échouaient le plus volontiers, une fois les sorts de dissimulation bien installés pour ne chatouiller la vigilance d’aucun gardien. Leurs soirées avaient un goût de liberté dont elle n’avait jamais assez, comme elle n’avait jamais assez de leur compagnie à tous. Rencontrés au cœur de festivals ou au grand hasard du destin, ils étaient la famille qu’elle s’était choisie et forgée au fil des ans, plus précieuse à jamais que celle qu’elle devait à sa naissance. Et ils étaient de tous horizons, fils de sorciers ou sans aucun pouvoir, patchwork insensé d’existences que la musique avait rassemblé avant qu’une profonde amitié ne vienne l’enrichir.

- Et toi tu dois dix livres à June, Blaze, glissa malicieusement la voix rauque de Lux. Tu avais parié que j’irai pas jusqu’au bout, et  visiblement…
- Des livres ! D’où tu veux que je sorte des livres ? Si elle veut des gallions, peut-être, mais..
- Bien sûr, des gallions. Je les dépenserai sur Covent Garden la prochaine fois, je suis sûre que ce sera bien accepté » riposta June en esquissant un sourire suave.
- Qu’est-ce que t’en sais, peut-être que..
- Parce que tu crois vraiment...
- Lisle, dis-lui !

Tandis que Blaze pestait, Lux attrapa la bière qu’il lui donna pour libérer ses mains parties à la recherche d’une monnaie acceptable. La façon qu’avaient June et lui de s’écharper constamment ces derniers temps avait provoqué dans leur groupe des paris d’un autre ordre, consistant à estimer le temps qu’il restait avant qu’ils se mettent enfin ensemble.

Savourant en douce une gorgée de bière qui la désaltéra toute entière, Lux déposa la petite bouteille sur une marche du kiosque dans un cliquetis de verre.

- Lyrae, répéta Sage comme pour elle-même. Il est beau comme tout, murmura-t-elle en un sourire plein de regrets, tout en rivant deux grands yeux en amande sur  la lueur opalescente qui affleurait sous le haut léger que Lux portait.

- Ca ne change rien pour nous, tu le sais.. ?  chuchota-t-elle en incitant Sage à la regarder d’une caresse sur la joue.

Lux n’eut qu’un petit signe de tête et un sourire trop pâle pour seule réponse, mais rien de ce qu’elle aurait pu dire n’aurait pu effacer la jalousie chagrine que Sage essayait en vain de réprimer. Elle se l’était ancrée dans le cœur, comme était tatouée sur la peau de Lux, à l’encre de nacre enchantée, le dessin délicat de la Lyre en constellation. Elle avait demandé au tatoueur d’encrer plus fort encore les points qui dessinaient Vega, et quoiqu’elle s’en soit sérieusement mordu les lèvres, les étoiles luisaient d’un éclat opalin si doux, là sous sa peau, suivant la courbe de son sein, qu’elle en avait le cœur gonflé de joie… Dans la pénombre qui régnait sur tout Clapham Common, elle discernait d’ici la lueur argentine qu’exhalait le tatouage sur le torse de Lisle. Sage ne comprendrait jamais, songea-t-elle en faufilant une main tendre dans les cheveux blonds.

Et Lux ne lui demanderait jamais de comprendre, ni de rester si l’indéfinissable amour qui la liait à Lisle la faisait trop souffrir. Elle ne s'en excuserait jamais non plus.  A la fois l’ancre pour ne pas sombrer et le tremplin vers d’autres sphères ou gravitent leurs notes de musique, il était l’inspiration qu’elle était pour lui et les confins de son monde comme son centre le plus intime.  L’encre sorcière fourmillait sous sa peau, si près de son cœur que Lisle en était désormais indissociable. Ses yeux ourlés d’un noir profond partirent en quête de lui parmi le joyeux tumulte qui régnait autour d’eux.

Deux mois auparavant, Lisle, gueule d’ange tombé d’on ne sait quel ciel et dégaine effrontée de Gavroche en perdition, rencontré aux détours ombragés d’une salle de concert méconnue, l’avait emmenée observer à Stonehenge l’avènement du solstice d’été. Ils avaient tous les deux passés la nuit emmitouflés dans une couverture, se gorgeant l’âme de l’harmonie reliant la foule présente sur l’antique lieu de rassemblement. Sous couvert de la nuit, moldus et sorciers mélangés avaient célébré le solstice et la venue du soleil dans un élan commun vers ses promesses de vie et de chaleur. C’était ce soir là qu’ils avaient choisi le nom du groupe, lorsque la constellation de la Lyre s’était montrée à la lisière de l’univers sous leurs yeux extasiés, et qu’il y avait comme un flambeau d’espoir dans la façon, au loin, dont Vega flamboyait.


2017

- Lux..

La douceur d’une main familière enveloppait sa pommette d’une caresse insistante, jusqu’à chasser du bout du pouce le mauvais rêve qui en crispait trop la rondeur. Emergeant de sa torpeur dans un léger sursaut, Lux lova d’instinct sa joue dans une paume tiède, qu’en se recroquevillant elle enroba de boucles brunes toutes en désordre. Ce fut seulement une fois pelotonnée dans le parfum de Lisle qu’elle exhala un long soupir, puisant dans sa présence l’éternel réconfort dont son cauchemar l’avait privée.

- Encore le même ? l’entendit-elle demander d’une voix feutrée, tandis qu’il  dispersait du bout des doigts les mèches de cheveux qui recouvraient son visage.

Visage moitié enfoui dans le canapé qui avait recueilli sa sieste, elle acquiesça sans dire un mot, sans jamais avoir eu besoin de plus qu’un silence pour qu’il sache. Papillonnant des cils hagards d’avoir été si longtemps clos, Lux embrassa d’un long regard le visage qui avait été son ancre quand elle n’était plus qu’une tempête. Assis au pied du canapé, Lisle égrenait sur la guitare qui les accompagnait partout des notes en mélancolie douce, que le crépitement de la pluie sur les toits dissolvait en douceur. Même depuis ce dernier appartement des combles, Londres s’invitait en sourdine à leur nuit blanche et Lux en percevait la vie distante, murmure bourdonnant des voitures passant sous leur fenêtre à grands renforts d’éclaboussures, éclats de voix passagers. Ils auraient pu en atténuer l’écho d’un simple sort, mais la ville leur collait tant à la peau que sa rumeur quotidienne leur était comme une voix à part entière, comme une chanson parmi toutes celles qu’ils écrivaient. Le ronronnement de Londres ne semblait pas avoir empêché Lisle de composer un peu pendant qu’elle dormait, à en juger par les cheveux en chaos qu’il avait trop ébouriffés, la bretelle lâche qu’il n’avait pas sentie tomber, l’encre qui noircissait sa partition… la cigarette qu’il avait oublié de reprendre en bouche et qui ployait, à demi consumée, sur le rebord du cendrier. Pour de tels absolus de lui s’était tissés les mots de London and the pulse of you..

En cet instant comme au tout premier soir, elle savoura la réponse immuable de son propre corps aux questions qu’il ne posait pas, au miracle opéré par la saveur de sa seule présence. Déjà les malaises émanant du mauvais rêve n’étreignaient plus sa gorge, et peu à peu, sentant battre au poignet de Lisle contre sa joue la calme pulsation du cœur qu’elle chérissait, le sien s’apaisait en écho. Elle laissa s'estomper les hurlement de l'Abertawe Festival dans les recoins sombres de ses souvenirs. L’ambre noisette des yeux qui la couvaient réchauffa un peu plus les frissons subsistant de son cauchemar, mais il ne crut pourtant pas entièrement au sourire qu’elle se dessina pour le rassurer.

- Viens là , murmura-t-il tandis qu’il posait sa guitare et réfugiait sa silhouette efflanquée au bout du canapé.

Lux ramena ses genoux tout contre sa poitrine. Enveloppée d’un manteau pétri du parfum de Lisle dont il l’avait couverte lorsqu’elle s’était assoupie, elle y resta emmitouflée tandis qu’il la blottissait contre lui, tête calfeutrée sur ses genoux.

Oui, toujours le même cauchemar. A peu de choses près le même que celui de la nuit d’avant et celle qui l’avait précédée. De ceux qui la réveillaient le front perlé et le corps en nage, tant elle se fatiguait à échapper aux terreurs inconscientes et plaies mal refermées que la guerre rouvrait chaque jour. Il y vivait l’ombre floue de silhouettes hurlantes qui l’enfermaient dans le vieux confessionnal de son enfance, ou la traînaient sur des bûchers entassant des baguettes magiques et ses carnets de chansons pour combustible. Des vivats de joie fusaient tout autour d’elle tandis que les saints des vitraux, habillés à la façon de ceux qui en avaient tué tant au festival, la condamnaient d’un regard noir, s’échangeant des murmures d’assentiment tout en scellant son sort d’un grave hochement de tête.

Ses rancœurs se réveillaient en même temps qu’elle au sortir de ces mauvais rêves . Pour les exorciser, Lux en faisait le fuel de sa rage de vivre, de sa façon de s’assumer en chansons à la face du monde – sa rage était la racine même de l’optimisme au désespoir qu’elle plaquait en paroles sur les accords de Lisle. Ses parents et d’autres comme eux pouvaient bien cracher le fiel qui leur servait de voix sur elle et sur tous leurs semblables, elle ne se tairait pas face à eux. Elle s’était tue bien trop longtemps.

- J’ai trouvé le nom de la chanson pendant que tu dormais.

Cette chanson… « La », chanson. Celle qu’ils voulaient chanter dans toutes les rues et sur tous les toits de Londres pour les revigorer d’un peu d’espoir, pour y souffler la vie dans ce qu’elle possédait de plus joli. Remuant sous son manteau pour s’y blottir un peu plus étroitement, Lux caressa d’un regard pénétrant la douceur affutée du visage de Lisle. Chaque fois qu’elle le regardait s’enracinait plus intimement l’envie de protéger ce qu’ils étaient, face au chaos, contre le monde, quel qu’en soit le prix.

- C’est vrai… ?

Du bout des doigts il chassa de son front les mèches éparses, glissant la tiédeur de sa main dans l’épaisseur des boucles brunes. L’infime sourire qui s’attardait encore sur les lèvres de Lisle s’estompa peu à peu, tandis qu’un air rêveur infusait son visage. Il passa un pouce sur sa joue, l’air de contempler une réalité  que personne à part lui ne pouvait saisir.

- Post tenebras lux , dit-il à voix feutrée, comme pour laisser à Lux le temps de saisir tout ce qu’un simple titre embrassait.

- Après les ténèbres, ..

Lisle secoua doucement la tête de gauche à droite sans lui laisser le temps de parler d’une quelconque lumière qui brillerait toujours moins qu’elle. Il entremêla leurs mains liées et l’infini bleu des yeux qui ne le quittaient plus.

- Après les ténèbres, toi.


... to be continued
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MessageSujet: Re: Lux ¤    Jeu 25 Jan - 18:39

présentation validée !
Just before we start...Et ben c'était rapide ! Bienvenue par iciiiii ! Et amuse-toi bien !

Pour faciliter ton intégration sur le forum je t'invite à créer ta fiche de liens. Le petit résumé du perso que tu as écrit dans ta fiche peut être utilisé là bas, il est presque fait pour ça en fait

Avant de te lancer, même si je suppose que c'est déjà fait en grande partie, n'hésite pas à prendre connaissance des annexes. Il n'y en a pas beaucoup et elles peuvent s'avérer franchement utiles !

N'oublie pas non plus de recenser le métier de ton personnage ainsi que le quartier habité, et si tu le souhaites, tu peux même aller créer des petits scénarios ou pré-liens pour ton personnage dans cette section ♥️

Et enfin, pour débloquer plein de récompenses utiles à ta progression sur le forum, il faudra faire un tour du côté du système de points de ta maison !

J'espère que tu passeras un bon moment sur le forum. En cas de besoin, nos boîtes de MPS sont toujours ouvertes N'hésite pas à nous contacter, tu trouveras toutes les infos sur qui nous sommes ici

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MessageSujet: Re: Lux ¤    Jeu 25 Jan - 21:06

Kaya

Bienvenuuuue
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MessageSujet: Re: Lux ¤    Ven 26 Jan - 20:35

Comment j'ai pas eu le temps de dire bienvenue !!!


Bienvenue !!!
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MessageSujet: Re: Lux ¤    Sam 27 Jan - 11:12

bienvenue parmi nouuus
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MessageSujet: Re: Lux ¤    Dim 28 Jan - 16:10

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MessageSujet: Re: Lux ¤    Dim 28 Jan - 16:53

Bienvenue !
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MessageSujet: Re: Lux ¤    Sam 3 Fév - 20:32

Même pas le temps de dire coucou un gros bienvenue c'est très joliment écrit, tout en finesse et petites écorchures quotidiennes. Le passage avec les parents #Ronestoutré Je te verrais sur scène avec le reste des rockers
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MessageSujet: Re: Lux ¤    Sam 3 Fév - 22:12

Merci à tous pour vos gentils mots ! Je ne doute pas de me plaire ici avec un accueil aussi doux
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MessageSujet: Re: Lux ¤    

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