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 Atlas Obscura ☼ Hermione et Ron

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MessageSujet: Atlas Obscura ☼ Hermione et Ron   Lun 13 Nov - 17:38


     
   


   
Atlas Obscura


   
Il est partit quelques jours quelque part en octobre. Retour à la case départ, destination le Terrier, le lit trop petit sous le toit endommagé, la bonne odeur du repas familial flottant en bas. Histoire de réfléchir. Ce n’est pas tant qu’il ne veut pas qu’elle soit à ce poste – Merlin seul sait qu’elle est la plus qualifiée – c’est juste qu’il ne voit pas où il se situerait dans tout ça et il y a le poids d’une célébrité déjà mal gérée sur les enfants, le fait qu’il la voit si peu et cette impression vagabonde, nauséeuse qu’il n’est pas assez. Assez bien pour tout ça, assez passionnant pour la faire rester parfois, assez brillant pour l’aider réellement dans sa trop vaste entreprise.

Quand il revient dans leur appartement de Westminster, elle n’est pas là. Probablement une réunion, un fragment de loi à réviser et  un monde à pacifier. Il ne lui en veut pas. Ou si peu. Ou tellement. « Hey. » Il a un demi-sourire quand elle rentre. Ça veut dire J’ai bien cru que tu ne reviendrais pas, et il est presque certain qu’elle lui renvoie le même. Il aime à le croire en tout cas.

Il y a le reste pourtant. Les mots qui ne sortent pas mais qui se roulent en boule au fond de l’estomac, la colère sourde qui grossit. « Je suis obligé de venir ? » Il parle comme un enfant, se rabroue silencieusement de le faire sans pour autant s’en excuser. Il a une sainte horreur de ces soirées mondaines, de ces courses à l’élection et il n’a pas franchement signé pour tout ce bordel. Il sait pourquoi elle s’y plie en tout cas et il a un geste brusque en nouant sa cravate d’un mouvement magique, le nœud est trop serré et il ne se souvient pas d’avoir été aussi en colère depuis un bon moment.
Ça ne cesse d’arriver, l’ire qui monte comme une tour de lego en construction, jamais assez haute pour se stabiliser avant une autre inondation.


*

( « Vous deux, vous avez une sacrée histoire, » lui avait dit son père, les tempes grises et le sourire fin. Franchement, Ron avait beau avoir 37 ans, il était embarrassé de parler de ça avec lui.

« Tout le monde a une sacrée histoire. En ce moment Shackelbot a une sacrée histoire aussi avec elle. » Il aurait voulu ne pas sonner aussi jaloux, s’efforçait de garder sa voix égale mais il n’avait jamais été très doué à ce petit jeu.

« Hermione ne ferait jamais ça. »

Hermione. Rien que le prénom lui donnait ces fichus papillons au ventre - oui, encore - et même le vague à l’âme et c’était si sacrément con… si terrible en soi cette confiance absolue et cette colère qui s’entremêlait à son sujet. « Je sais. » Il y eut une résignation qui ne pliait pas, un rire étrange qu’il aurait été bien en peine de qualifier. « Parfois, je me dis que je préférerai me préoccuper de ce genre de choses. »

Un homme on pouvait toujours lui casser la figure mais la Justice d’un monde meilleur ?

Game Over )

*


« Bon quel est le pingouin qu’on doit saluer en premier ? Tu sais, j’aurai vraiment dû prendre l’amortentia, quelques gouttes dans les verres et tout le monde vote pour toi. » La plaisanterie est teinté de fatigue aux angles et il a son bras autour de sa taille. Hermione a des sourires en éclat lunaire, franc et réservé tout à la fois. Il l’embrasse avant d’entrer dans l’arène, à peine un frôlement des lèvres qui le surprend lui-même. C’est presque douloureux tant c’est éphémère.

Il n’aime pas les médias, les plumes à papote à la Rita Skeeter qui glissent sur les carnets de notes enchantées, il y a trop de mains à serrer et des phrases aux pourtours moelleux qui cachent des poignards. Elle lui lance parfois des regards, des invitations muettes à se calmer et ça ne rend que tout le scénario encore pire. Il est là, non ? Elle a ce qu’elle veut après tout. L’alcool glisse dans un premier temps, tranquille, et il se retient à peine de lever les yeux au ciel en voyant l’air goguenard des gens, la bouche dédaigneuse et le regard écrasant. « C’est une bonne situation les farces et attrapes ? » Ron souffle du nez, arque un sourcil, l’azur pétillant un peu trop en gerbes explosives. « Ce n’est pas votre spécialité aussi les farces ? Ah non vous c’est le ministère des transports magiques. » Silence. C’était pourtant drôle. Il aurait dû la laisser venir seule. Ça se confirme un peu plus tard. « Madame Granger ! » Le sang ne fait qu’un tour. « Granger-Weasley. » rappelle-t-il avec l’amabilité d’un cognard en pleine finale de la coupe du monde de quidditch. Silence. Encore. « Ah mais oui, vous êtes le mari d’Hermione. » C’est ça. Je suis le mari de.

Quand ils rentrent, il jette sa baguette sur le sofa et la cravate ne veut pas se dénouer toute seule et c’était l’une des pires soirées lui souffle-t-il dans un excès d'indignation, en comptant celles de Slughorn auquel lui n’avait jamais été invité.

« Tu ne peux pas être sérieuse avec cette histoire, Hermione. » C’est dans le ton fait d'incrédulité poisseuse et de provocations obscures. Il la connait assez pour savoir quel étincelle faire naître pour la rendre incandescente à son tour.

Elle est à quelques mètres et il y a du défi souterrain dans la phrase et son couperet.



   
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MessageSujet: Re: Atlas Obscura ☼ Hermione et Ron   Dim 19 Nov - 0:03

Je me souviens, quand mes parents disaient que ça n'allait pas fort. C'était un de leurs euphémismes préférés. Ils ont toujours été très aimants, très justes et attentionnés, mais n'ont jamais été friands de dire les choses telles qu'elles sont. Ce sont des dentistes après tout - certes, ils sont là pour soigner, éviter les infections, les douleurs - mais aussi pour que tout soit blanc et bien aligné. Personnellement, j'ai toujours été un petit peu plus directe dans la vie. Mais je me suis surprise à avouer à Harry, entre deux portes, à demi-mots, que ça n'allait pas fort avec Ron. Pas fort. Il est allé s'enterrer chez sa maman parce que c'est trop dur d'avoir épousé une femme ambitieuse qui cuisine mal. Pas fort. Je serre les dents, bien blanches et moins proéminentes qu'à une époque, esquive le regard teinté d'autant d'inquiétude que de pitié de mon meilleur ami et transplane en vitesse. Je ne fuis pas vraiment mes problèmes, puisqu'ils se trouvent chez moi, mais je n'avais pas le coeur à me lancer dans une grande discussion avec Harry ce soir. Je n'ai pas le temps de toute façon, je vais finir par être en retard.

J'arrive en quelques minutes à notre grand appartement et ne peut m'empêcher un sourire en voyant la chevelure flamboyante qui m'accueille dans le salon. Il avait dit qu'il reviendrait, qu'il serait là. Et je n'en doutais pas. Pas vraiment. Mais voir qu'il est bel et bien là, c'est tout autre chose. « Hey. » Je souris, effleure son bras en me dirigeant vers la salle de bains. Pour selon que nous sommes mariés depuis bientôt vingt ans, nous pouvons nous montrer très gauches l'un envers l'autre, surtout quand il y a des tensions dans l'air. Construire son couple à l'adolescence est un challenge pour les gens les plus ordinaires. Ajouter à cela un contexte d'après-guerre et deux tempéraments bien trempés, c'est une recette plutôt délicate. Un peu trop de ceci, un peu trop de cela et ça devient vite immangeable.

J'essaie toutefois de ne pas penser à tout cela, de m'apprêter convenable dans ma robe pourpre, modèle de soirée classique avec de larges manches et une cape assortie. Elegante et sobre, puissance et féminité. Le Ministère, désormais doté d'un modeste mais enthousiaste bureau de communication, a tenu à me faire un briefing sur ma présentation, les impressions récoltées auprès de différentes démographies et les conseils qui en découlaient. Ce sont deux heures de ma vie que je ne récupérerais jamais. Cela dit, leur bavardage s'est avéré un tant soit peu constructif. Disons que je veux vraiment mettre toutes les chances de mon côté. A défaut de pouvoir mettre mon mari. Son ton est sans appel et je suis à deux doigts de lui lancer une remarque cinglante. Mais je préférerais que l'on ne se dispute pas avant même d'être parti, c'est suffisamment stressant comme ça. « Si je suis obligée de le faire, tu dois m'accompagner, je suis sûre que c'est ce que le pour le pire de nos voeux voulait dire. » L'humour comme mécanisme de défense, c'est son truc d'habitude, mais je suis à court d'idées logiques et rationnelles. Et ce n'est pas comme si je mentais. Quand je me suis lancée en politique, ce n'était pas dans le but d'aller faire des mondanités, de serrer les mains des bonnes personnes, d'être prise en photo au bon endroit. Je pensais que tous ces simagrées qui m'avaient tant dégoûtés dans ma jeunesse pouvait être éviter. Je croyais que l'intégrité, c'était refuser de participer à cette mascarade, redéfinir les règles. C'est bien ce que j'ai voulu faire, la raison pour laquelle je suis encore là, à essayer d'aller toujours plus loin. Mais il est des choses auxquelles on ne peut échapper. Comme le fait qu'une campagne, ça ne se mesure pas qu'en investissement de temps et en dur labeur, mais aussi en gallions sonnants et trébuchants. Et il faut bien aller les réclamer quelque part.

Je parade donc, souriante, chaleureuse, drôle par moment, ramenant la discussion à mes idées politiques plutôt qu'aux résultats scolaires de mes enfants ou les décorations de Noël du Ministère pour cette année, quand c'est possible. La balance entre le business et les politesses est fine. Malgré la pratique, je ne sais pas toujours sur quel pied danser. Et c'est la première fois que je fais tout cela pour moi, pour me mettre en avant, me vendre. Si ça ne tenait qu'à moi, j'aurais envoyé un dossier détaillé à tous ces gens plein aux as, leur expliquant dans le détail mes plans quinquennaux pour finaliser la modernisation du monde magique, le développement des écoles primaires mixtes, la fin des privilèges quels qu'il soit, un programme de taxes plus juste et une refonte de l'orientation et de l'éducation post-Poudlard. Entre autres choses. Mais non, ce qui compte, c'est le relationnel. La remarque de Ron me fait sourire, me détendrait presque s'il n'était pas aussi amer et distant. « Je ne veux pas qu'ils m'apprécient, juste qu'ils me donnent de l'argent et votent pour moi. Je devrais peut-être plutôt leur faire peur, ce serait plus simple. » Je lui lance un sourire taquin, imaginant Ron m'épauler dans une campagne d'intimidation à la Lucius Malfoy. Il ne faudrait pas que je lui donne des idées cela dit, il ne demande qu'à ce que je perdes cette élection après tout.

Je me rembrunis, essaie de lui lancer des regards d'encouragement de temps à autres, lui communiquer mentalement qu'il n'y en a plus pour longtemps, qu'on survivra. Je glisse mon bras sous le sien et m'apprête à faire un point, voir s'il tient le coup quand on m'interpelle pour la énième fois. Je tique un peu face à la réaction de Ron, qui n'a jamais vraiment eu de problèmes à ce que je continue à me faire appeler Granger au travail. C'est le nom sous lequel le monde magique me connaît, mon identité première. Je suis moi avant d'être sa femme, cela a toujours été très clair entre nous. Mais peut-être veut-il être lui avant d'être mon mari, comme l'insinue cette dame trop maquillée. Je souris poliment, tente de prendre sa défense même si je me doute que cela ne fera que l'agacer. « Je te présente Ronald, entrepreneur et vétéran de guerre. Chéri, voici Melba, secrétaire à l'office des Portoloins et amatrice de plumes en sucre. » Bridget Jones m'a tout appris. Même si en l'occurrence, ce passage se serait plutôt déroulé dans la tête du personnage que dans la vie. J'ai encore des progrès diplomatiques à faire.

Nous rentrons enfin, mes pieds sont esquintés et je suis d'une humeur au moins aussi massacrante que celle de mon cher et tendre. Au moins, les enfants sont à l'école, ce qui est bien ma seule consolation en ce moment. Nous avons à peine franchi le seuil qu'il lâche toute la pression qu'il a accumulé au cours de la soirée, manquant de s'étrangler avec sa cravate. Je ne réponds pas tout de suite, essayant de calmer mes propres nerfs. Je m'approche de lui, comme on approcherait un chat réveillé trop brusquement et dénoue lentement le noeud autour de son cou, qui semble se resserrer au contact de mes mains. La magie a parfois le don d'être plus parlante que bien des mots. Le tissu opiniâtre le libère finalement et je le jette sur le canapé, près de sa baguette. Je lève la tête et mes yeux trouvent les siens, refusent de les lâcher. « Je suis extrêmement sérieuse. En général, quand je plaisante, c'est plutôt explicite. Et ça concerne rarement l'avenir de notre pays et de notre famille. »

Ce n'est pas la bonne approche. Il va se braquer. Mais j'ai moi aussi le droit d'être en colère. « Je ne t'ai jamais caché que ce pouvait être la prochaine étape pour moi Ron. Certes, je pensais que Kingsley allait se représenter au moins une fois et je ne m'attendais pas à ce qu'on se retrouve à nouveau confronté à des attentats. Mais tu savais que c'était la suite logique de ma carrière. Tu as même dit plusieurs fois que je ferais une très bonne Ministre. » Ce n'est pas la question, évidemment. Même si j'apprécierais de me sentir soutenue et encouragée dans mon travail, au delà de son sens du devoir. J'aimerais qu'il soit sincèrement fier de ce que je fais, de ce que j'aspire à entreprendre. Pas qu'il se sente obligé de le dire. Je voudrais que tout sentiment positif vis à vis de mon métier ne soit pas teinté d'amertume, de rancoeur, de déceptions. Parfois, je me demande s'il ne s'attendait pas, au fond, à ce que je devienne comme sa mère, que je me dévoue entièrement à une ribambelle d'enfants, que je sois une épouse dévouée à sa famille et experte en sortilèges de cuisine. Si, malgré tout ce qu'on a vécu, malgré ma personnalité, il ne gardait pas ce fol espoir. Il devait au moins espérer que je n'aille pas plus loin, que j'aspire à un peu de bonheur familial et de calme après des années de bons et loyaux services. Je n'en sais rien à vrai dire et c'est ce qui me chagrine. De ne plus savoir, ne plus avoir l'impression de le connaître. « Je ne suis pas du genre à abandonner la partie Ron, tu le sais. Tu sais encore plus que je ne peux pas tout arrêter maintenant, pas avec tout ce qui se passe, pas quand il y a encore tant de choses à faire. » Je cherche la compréhension, si ce n'est la sympathie, dans ses yeux. Je répète alors, plus nerveuse et impatiente encore. « Tu le sais. »


Dernière édition par Hermione Granger le Sam 25 Nov - 14:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Atlas Obscura ☼ Hermione et Ron   Sam 25 Nov - 13:35


   
 


   
Atlas Obscura


   
Hermione a des vérités en groseille sur sa langue sucrée. Miel et citron. Il la boit comme un malade imaginaire. Elle le lui dit dans un sourire qui lui remue l’estomac. Le pire. C’est encore le meilleur avec elle mais il est des secrets qui doivent rester comme les épées de légende tout au fond des lacs gelées.

Ron est agacé, il a la bouche récalcitrante, les dents grinçantes sous l’écueil des lèvres pâles. Il boude, l’appétit sombre, l’envie désastreuse de la prendre, de la lâcher, peut-être les deux. Hermione est racine et socle tout à la fois. Il l’aime depuis si longtemps, c’est un peu comme respirer mais en plus douloureux, en plus merveilleux. Il la rêve en calque parfait d’une image féminine désuète, peau de nuits étoilées, gestes tournés uniquement vers lui, bouche luisante de milles et une courbes. Il la rêve de coton, la taille sanglée dans un tablier rose, des chants domestiques vibrant sur ses dents d’ivoire.

Ce n’est pas Hermione tout ça.

Son épouse est vêtue de fer, les épaulettes rondes aux reliefs râpant l’épiderme de ceux qui veulent s’y frotter. Elle est frustrante et si lointaine mais il sait - oh il sait – combien le toucher de glace peut se faire bonté chaude, combien la gentillesse peut déborder de son regard noir, combien elle peut livrer baisers incandescents sous une timidité subite, pareil à une feuille de riz.

Elle n’est pas faite pour tout ça, il en est persuadé. Le monde ne la mérite pas. Dés qu’une âme plus grande plante les graines d’une révolution, le peuple l’immole. Toujours. Immanquablement. L’Histoire des moldus et des sorciers regorgent d’exemples et il préfère ne pas y penser. Jusqu’à quand, Hermione ? Les mots en étendard silencieux dans la clarté d’un azur d’ordinaire rieur. Jusqu’à quand tu leurs tendras à tous ton savoir ? Eux n’en veulent pas alors que moi… moi je roule à tes genoux ; devant ton amour, je m’élève ; à tes baisers, je…

Il perd. La nervosité le rend brutal et il défait sa cravate d’un geste sec, la laisse glisser à travers ses doigts, filets de rancœur sur étui de cuivre. Il connait déjà sa réponse et ça l’exaspère aussi surement qu’un coffre vide ne le fait avec un gobelin rapace. Elle fait du mieux, arrondit les angles, le présente auprès de ses collègues et personnalités comme un héros de guerre, et pendant un court instant, l’illusion prend, les compliments en rubis aux bagues de son égo rutilant. Hermione sait exploiter ses faiblesses, piètre répit avant la vague de colère.

Oh ma douce…

« Je suis extrêmement sérieux. En général, quand je plaisante, c'est plutôt explicite. Et ça concerne rarement l'avenir de notre pays et de notre famille. » Le pays avant la famille. Il lui offre un regard peu amène de bête traquée. Le grognement moqueur gratte la langue, le palais, la bouche en un son âpre. Il le sait qu’il est égoïste et exigeant et qu’il la veut pour lui mais ce n’est pas un crime. Le crime ce sont les autres. Elle les préfère à toi, Ron. C’est si stupide, si tragiquement crétin. La couleur s’étale à son aise dans les yeux plissés, couleur grise comme le métal des portes qui se ferment. Hermione se met en colère à son tour, la douceur de sa voix plongeant dans des aigus graves. « Bien sur que tu serais bonne, excellente, merveilleuse… Hermione Granger mauvaise à quelque chose, quelle idée ! » Il gâche dans un plaisir malsain, écorche volontairement ce qu’il a pourtant admis avec un véritable enthousiasme à l’époque. Il mettrait un poing dans la figure du butor qui oserait se moquer ainsi et pourtant, il s’en arroge cruellement le droit. La mine se renfrogne. Elle l’accule à être celui qui demande, qui supplie. « Je ne suis pas du genre à abandonner la partie Ron, tu le sais. Tu sais encore plus que je ne peux pas tout arrêter maintenant, pas avec tout ce qui se passe, pas quand il y a encore tant de choses à faire. » Le regard se soustrait sous l’accent d’humanité avant que la fatalité ne se déverse. « Tu sais ce qui arrive lors d’un pat ? » Il reporte son attention sur elle, le désir de lui complaire au bord des cils, le cuivre fantomatique prêt à se déployer sur elle. La main vient, caresse l’ovale. Elle l’aime, c’est dans le tremblement des lèvres entrouvertes, dans la demande muette des iris, dans celle bien plus concrète des mots. Pas assez. C’est un leitmotiv imparable et ils sont sur un énorme échiquier. « Si on ne peut plus jouer de coup légal sans mettre son propre roi en échec, on se couche…. Ce que tu veux ce n’est pas que je sois avec toi, c’est que je me couche. » Il y a de l’amertume dans la voix et les doigts se retirent, la douceur d’une peau vibrante qui hurle encore sous le toucher. Il s’est penché sans même s’en rendre compte, happé comme à l’ordinaire, l’envie inconsciente de l’embrasser s’évaporant sous les secondes mécontentes. Il a toujours été bien plus faible qu’elle à ce niveau là ou tout du moins en est-il persuadé.
Les sourcils ocre se sont froncés. « Tu as voulu la Justice, maintenant c’est le ministère et puis ensuite ce sera quoi ? La confédération internationale des sorciers? C’est sans fin, Hermione. Tu ne peux pas sauver tout le monde. Tu ne peux pas. » crache-t-il en s’éloignant. Le reste est en suspens. Le monde, non, mais moi oui. « Je savais. Quand je t’ai demandé en mariage, je savais… je sais. » Il répond à demi, comme un souffle, une couche de givre sur une campagne froide. L’approche se fait différente, plus sournoise. « Mais moi je veux le meilleur. Le pire… le pire c’était avant… » Il la met au défi de dire le contraire, toise, un pli soucieux sur les lèvres avant de se défaire. « Reste avec moi Hermione. » Le murmure est à peine audible, bruit de vent au sein d’une forêt trop dense.

Elle l’accule et il supplie. Il voit bien les milliers de cris derrière la silhouette d’ivoire sombre, ceux qui quémandent aussi : plus de justice, d’égalité, de droits. Elle ne peut pas tout faire, trop de gens comptent sur elle et lui plus que tout autre. Il lui en veut un peu, beaucoup, tellement. De quoi faire des cascades de mots et des torrents d’exigence. Il étend son bras, l’enroule autour d'un corps maintes fois enlacé, les bribes de la pièce scandaleuse lui revenant à l’esprit. Ils avaient eu tout faux – pas étonnant. S’ils n’avaient pas été ensemble… elle aurait trouvé mieux. C’était stupide de penser autre chose que ce qui était si clair aux yeux de tous.

Ron l’attira, le regard blessé, encore luisant de regrets. « Tu seras la meilleure ministre de tout les temps. » Il cille. Une partie d’échec, le roi prisonnier, le pat à l’horizon. « Mais ça ne fera plus vraiment de moi le meilleur des époux… »

Elle n'était pas faite pour ça.

Non.

Erreur.

Échec sans mat.

Il n'était pas fait pour ça.



   
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MessageSujet: Re: Atlas Obscura ☼ Hermione et Ron   Dim 26 Nov - 22:50

Son venin me fait plus de mal que je ne veux bien le reconnaître. J'ai beau avoir fait des progrès considérables depuis cette première année à Poudlard, où mon ego d'enfant se trouvait heurté par la plus triviale des remarques, je n'en traîne pas moins mon syndrome de l'imposteur. Je l'ai surmonté, je suis capable de m'affirmer et d'avoir une entière confiance en ma capacité de décisions. Mais il reste tout aussi capable de m'atteindre. Une phrase de lui, insignifiante comparée à la bile que déverse mes adversaires, les journées ou même certains de mes employés, et mon coeur se serre. C'est puéril et stupide. Je me défends tout de même, essaie de ne pas laisser paraître mon trouble.

Vient alors la métaphore d'échecs. Son arme ultime, son coup fatal. Depuis le temps que je suis mariée à Ronald Weasley, je sais ce qu'est un pat. Mais je ne sais pas où il veut en venir, du moins, j'espère me tromper sur la direction que va prendre la conversation. J'effleure sa main contre ma joue, expire doucement. J'ai envie de l'enlacer, le rassurer, l'aimer. J'ai envie de lui hurler qu'il ne comprend rien, qu'il n'a qu'à retourner chez sa mère et me laisser m'occuper de tout, comme d'habitude. Du Ministère, de l'avenir, de nos enfants. Je suis injuste, mais moi, je ne le suis pas à voix haute. Je mesure mes paroles et mes actes. Et si j'étais vraiment sincère, je reconnaîtrais qu'il n'a pas tout à fait tort. Que oui, je veux sauver le monde et que même si j'ai conscience de ne pas pouvoir le faire, je compte sur les gens qui m'entourent et les générations futures pour reprendre le flambeau. Que je veux faire tout mon possible pour ne pas être juste la petite née-moldue qui a aidé Harry Potter à vaincre Lord Voldemort. Que je veux forger mon propre nom, mon propre héritage, ne pas être une note de bas de page des livres d'Histoire mais un titre. Et que peut-être, peut-être, je ne m'arrêterais pas en si bon chemin. Mais là, ce soir, je ne peux pas lui avouer cette vérité évidente. Me l'avouer. Je veux être la Ministre et la mère et la femme parfaite. Je veux tout avoir, parce qu'on m'a toujours dit que je ne pouvais pas. Audace et entêtement digne de ma maison.

Je m'apprête à m'emporter, me draper dans ma dignité et mon indignation, mais sa supplique me coupe dans mon élan et ma gorge se noue, mes yeux brillent et s'assèchent, plutôt que de céder aux larmes. Je le serre contre moi, dans un geste brusque, urgent. Je ne sais pas comment lui communiquer autrement l'évidence. Je chuchote contre son cou, quelques mots précipités, qui courent vers son oreille et espèrent l'apaiser. « Ron, je ne t'abandonnerais pas. Jamais. » Je m'éloigne un peu, prends son visage - si familier et d'ordinaire rieur et apaisant - entre mes mains. « Je ne te demande pas d'être le meilleur, d'être infaillible. Je suis peut-être exigeante Ronald, mais je ne demande pas l'impossible. Je voudrais simplement que tu me soutiennes. Que tu ne rendes pas tout ça encore plus difficile en ramenant les choses à toi, en me faisant culpabiliser. » Mes mots sont plus durs que je ne l'aurais voulu et je les tempère bien vite. « Les enfants et toi, vous serez toujours ma priorité. Et si je fais tout ça, si je me bats toujours, si je veux aller plus loin, c'est pour vous. Je ne veux pas sauver le monde, je veux que le pire ne se reproduise pas. Que Rose et Hugo vivent dans un monde juste, même s'ils m'en veulent un peu à court terme, qu'ils tirent tous les bénéfices de ce que je fais. Et je sais que c'est dur pour toi, que je ne suis pas assez là, que tu n'es pas toujours d'accord avec mes choix. Mais je les fais en toute connaissance de cause, je ne fais pas ça à la légère. »

Je prends une grande inspiration, hésite, pose un instant mon front contre le sien, puis le lâche tout à fait. « Mais je ne reviendrais pas dessus. Je te promets de t'aimer, encore et toujours, je promets de rester à tes côtés, mais je ne sacrifierais pas mon travail, ma mission. Je suis capable d'être ta femme et d'être Ministre. Je serais peut-être l'une avant l'autre parfois. Et je pense que tu es capable d'être mon époux, l'homme qui a toujours été là pour moi. Mais ça, c'est à toi de le décider. » Ultimatum ou porte ouverte, compréhension ou menace, je n'en sais trop rien. Il semblerait qu'il puisse encore gagner la partie, finalement. Mais ce serait faire montre si ce n'est d'une incroyable cruauté, d'une détermination dont il ne manque pas. Je reste plantée là et attends de voir si la reine va ciller, enfin.
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MessageSujet: Re: Atlas Obscura ☼ Hermione et Ron   Mar 12 Déc - 16:02


     
   


   
Atlas Obscura


   
« Ron, je ne t'abandonnerais pas. Jamais. » Il ferme les yeux, le visage si prêt du sien, les mains sur sa taille lacérée d’un tissu qu’il trouve inutile. Des mensonges qui lui plaisent, qui l’apaisent sans commune mesure, qui glisse un coton sur des blessures en berne. Elle devrait rajouter « je ne t’abandonnerais pas tant que je le peux » mais il n’en dit mot, goûte pleinement la proximité tentatrice, entrouvre les lèvres dans une esquisse fantomatique visant à happer les siennes, les effleure dans un mouvement tenu. Les mots grésillent pourtant, désagréables. Les yeux se rouvrent, la rétine saphir prenant une teinte plus froide sous les faits énoncés. Elle lui ment, c’est une chose. Elle se ment, s’en est une autre. Rien n’était impossible pour Hermione Granger. Bien sûr. Il arque un sourcil et toise. C’est n’importe quoi. Elle demande, non, elle exige à la manière d’un leader né. Les enfants et lui n’ont qu’à s’aligner, n’ont qu’à faire avec des ambitions générales si immenses qu’elles les avalent tout entier.

Le front sur le sien est comme un flash de lumière, un éblouissement crépusculaire.

Elle se détache. Il la retient.

Il la veut parfois tellement fort qu’il n’a aucune idée de comment se défaire de ce sentiment. « Si tu ne sacrifies pas l’un, tu sacrifies l’autre… » Elle n’écoute pas sa précieuse Hermione, elle continue à asséner des vérités comme des tables de lois. Lui est aussi mouvant que les horaires de sa boutique et les reflets roux de ses cheveux. Elle recommence. Elle le rend plus grand qu’il ne se sent, lui prête une brillance qu’il n’est jamais vraiment certain d’avoir. La confiance d’Hermione est aussi merveilleuse que pesante, aussi salutaire que monstrueuse.

Pendant un bref instant il est presque prêt à succomber.

« C’est une guerre que tu me demandes de faire. » Il lui lance un regard rapide, les lèvres s’écrasant l’une contre l’autre, les iris d’étoiles en pleine nuit froide. Il perçoit la menace sous la patine des mots qu’elle lui a jeté en pâture. « Je ne suis pas un de tes employés, Hermione. Tu n'as pas besoin de me dire les causes et les conséquences, je les connais. J'ai vécu avec toi assez longtemps pour savoir tout ça, je sais pour quoi tu te bats. On s'est déjà battu au cas où tu l'aurais oublié. » De chair et de sang et il est si furieux en cet instant qu’il y a du venin au bout des cils. La voir aussi impérieuse n’arrange rien et il a le cœur qui cogne, la rage qui amplifie (se faire sermonner comme un enfant, lui parler de ci et de ça et jeter en plein milieu des mots qui en deviennent vide, des verbes comme aimer et des adverbes comme toujours – c’est humiliant).

Il ne l’aimerait pourtant pas autrement: Hermione et ses victoires, sa hargne qui ne faiblit jamais contre les injustices de ce monde, et il en a tant. Le ventre se creuse. Il ne peut pas, sans elle. Il a essayé pendant ce temps où il était chez ses parents. Il a essayé quand il a laissé Harry durant leurs courses contre Voldemort. Il en est incapable. Elle est comme les racines du chêne qu’il est, elle l’intoxique d’une saveur qu’il est certain de ne trouver nulle part ailleurs.

Après tout, c'est sa meilleure amie aussi.

Il s’appuie sur l’arrière du canapé où ils ont passé tant d’après-midi à ne rien faire. Ou il a passé tant d’après-midi à l’empêcher de travailler, repoussant les dossiers en riant, l’accaparant pour lui complètement. Il voudrait faire pareil ici et maintenant, mais il y a un monde entre eux, n’est-ce pas ?

« Je t’aime. » Ça n’a aucun sens de le dire maintenant, au pire de tout, alors qu’il est si furieux contre elle, si désemparé face à tout ça. Il a la pointe des oreilles qui rougit, c’est ridicule. Mais il le dit quand même, regard droit et menton relevé, comme un défi silencieux. Tu vas faire quoi, Hermione, hein ? avec tout ces sentiments sur toi ? Il serait honnête, il saurait que c’est la meilleure armure contre les vents contraires extérieures, ceux qu’elle risque d’affronter mais il lui en veut tellement d’exiger tout ceci de lui justement…

Le reste est tacite. Je t’aime mais ce n’est pas assez. Ni pour toi, ni pour moi.

« J’espère que tu vas gagner. » Il est sincère. Elle joue gros, elle le joue lui. Dans tous les cas de figure il y perd. Il a déjà perdu. On ne fait pas le poids face à des Idéaux. « En vérité… » Il déglutit douloureusement, abaisse son regard pour se soustraire à l’attente qu’il perçoit chez elle. « Ça ferait un joli bruit tu sais, de tout laisser tomber… » Il ramène ses cheveux en arrière, se fait la remarque qu’une bonne douche serait la bienvenue, se raccroche au terrestre.

Il ne sait pas.

Il devrait partir, prendre ses affaires et ne pas regarder en arrière. La laisser à ses grands discours et ses luttes incessantes mais comme il le lui a dit, il l’aime, et c’est comme une goutte de fleur d’oranger dans un verre de lait : ça déssature absolument tout. « Tu ne me choisiras pas. Je ne suis pas sûr que tu l’aies jamais fait. » Le constat est sanglant et il se relève, le souffle un peu court. Une douche c’est bien.

Il claque la porte de la salle de bain.

Le son résonne suffisamment pour couvrir un soupir pétris de défaites.



   
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MessageSujet: Re: Atlas Obscura ☼ Hermione et Ron   Sam 30 Déc - 1:25

Il refuse de comprendre. Obstinément, toujours. Ronald est le meilleur et le pire de la maison de Godric. D'une loyauté absolue, au bout du compte. Courageux, drôle, prêt à tout pour protéger les siens. Mais aussi obstiné, d'une incroyable mauvaise foi et incapable d'accepter que la morale et la loi ne se construisent pas sur quelques coups d'éclat. Il n'a jamais compris que je persiste à suer sang et eau, après tout ce que nous avons déjà sacrifié dans le feu de l'action. Tout ce qu'il a personnellement perdu. Et lui rappeler les enjeux est peut-être infantilisant de ma part, mais je me demande parfois s'il n'oublie pas. Que la bataille de Poudlard, ces années noires n'étaient pas la fin d'un combat mais le début d'une révolution, d'un changement profond et durable de la société sorcière.

J'ai souvent tenté de leur expliquer, à lui et Harry, ce qu'il adviendrait une fois Voldemort tombé. Harry a rapidement compris qu'il avait encore du pain sur la planche, une communauté à restaurer et l'a accepté, toujours enclin à se surcharger de travail, combler ce besoin d'avoir une mission, un but à son existence. Mais Ron... Ron n'a jamais fait tout ça que par sens du devoir, entraîné par une famille passionnée, des amis investis jusqu'au cou. Il ne voulait qu'amour et confort pour l'avenir et il lui fallait donc se l'assurer, même si cela signifiait un combat rude et sans merci, il voulait bien l'affronter s'il avait la promesse du repos du guerrier. M'épouser n'était certainement pas la meilleure idée pour que ce plan fonctionne.

« Je t'aime aussi. Tellement. Mais c'est une guerre très différente qui nous attend. » Je tente un sourire, mais pourtant, il n'a pas vraiment tort. Je suis une Sang de Bourbe, les gens comme moi ont toujours été en première ligne quand les temps sont rudes et je ne tolérerais pas que mes enfants aient à traverser une once de ce que nous avons vécu. Ils ne seront pas une génération sacrifiée. Ils ne s'inquiéteront jamais de leur légitimité dans cette communauté. J'ai peut-être distillé un peu trop de confiance et de force à Rose d'ailleurs, mais c'est une discussion pour un autre jour. Alors, je me lance dans l'arène politique, le combat final, sans Doloris ou mangemort, mais beaucoup de temps et de stratégie.

Je soupire devant sa poésie improvisée, tentant de serrer sa main dans la mienne, de faire rentrer sous cette masse rousse ce que j'essaie de lui dire. Cela le dépasse. Les enfants et lui sont les êtres les plus importants au monde à mes yeux et je ferais - fais - tout pour eux. C'est précisément mon propos. Mais encore une fois, il n'écoute pas vraiment, entend ce qui lui convient pour l'histoire qu'il se construit. Et fuit. Donner lui un plateau d'échec géant, un Basilic ou une armée de Mangemorts et il sera au rendez-vous, baguette brandie et sarcasme au bout des lèvres. Mais une conversation d'adultes, la nécessité de faire face à ses émotions et de communiquer ses craintes sans sombrer dans l'attaque et il se replie. Mais je ne vais pas me laisser démonter, pas avec une remarque passive agressive et de l'eau qui coule.

Je pousse la porte de la salle de bains avec force, ne lui laissant pas le temps de se glisser sous la douche. « Ne me claque pas la porte au nez Ronald. On ne fuit pas dans cette maison, on se parle. » Ma voix se veut calme, mais mon impétuosité prend le dessus et mon ton monte crescendo à mesure que je m'emporte dans ma diatribe. « Comment oses-tu? Comment peux-tu dire ça? Tu le penses vraiment? Que je ne te choisis pas? J'aurais pu ne pas t'épouser, ne jamais avoir d'enfants, voyager après Poudlard, avancer deux fois plus vite dans ma carrière. Ou effectivement, tout abandonner derrière moi, me aller vivre sur une île ensoleillée parce que, après tout, on a bien mérité une vie de détente après tout ce qu'on a vécu, non? Mais je suis ici, avec toi, avec nos merveilleux enfants à qui je me dois d'offrir un monde un peu meilleur, plus juste. Je te choisis, je les choisis, tous les jours quand je franchis le seuil du Ministère. » J'inspire enfin, essayant de relâcher un peu de tension. « Tu peux me faire les reproches que tu veux, je le mérite sans doute un peu, mais tu n'as pas le droit de dire que je ne t'ai pas choisi, chaque jour, depuis... Depuis le début. » Contrairement à toi. Lavande, la chasse aux Horcruxes, les remarques blessantes du troll aux ASPIC. Je retiens cette mesquinerie, injustifiée, mais elle est palpable dans mon ton cassant. Je m'appuie sur le lavabo, évitant mon reflet anguleux et fatigué dans le miroir de la salle de bains. J'ai envie de pleurer, décide de me passer un peu d'eau sur le visage à la place. Avant de trop céder à l'émotion, qui nous mènera inévitablement à une forme de réconciliation, j'aimerais pouvoir finir cette conversation. Si ce n'est de façon productive, au moins la finir.
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MessageSujet: Re: Atlas Obscura ☼ Hermione et Ron   Dim 21 Jan - 20:36


     
   


   
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Il y croit à son élan du cœur mais ça ne lui suffit pas. Le « tellement » vibre, incandescent et lumineux et il sait - il sait- que si ce n’était pas réellement le cas, elle aurait peut-être déjà avancé bien plus en avant. Les mariages sont un paradoxe qu’il ne parvient pas à déchiffrer, des échelles qui vous écrasent, des sentiments qui vous libèrent un jour puis vous oppriment le suivant. Ils ont leurs propres lots de lois barbares, d’histoires secrètes et d’échanges sauvages et le pire n’est pas de construire mais de détruire en aimant, le cycle inéluctable entre des époux qui se perdent pour mieux se retrouver. Parfois, le fil rouge se tend, semble vouloir se casser puis tient, le désir indestructible sous les cris de colère.

Elle suit son fil rouge, vient faire éclater ses demandes sans aucune pitié. Il n’a jamais su comment elle parvenait à affronter toujours d’un coup, tête haute et vérité à bout de bras. « Ne me claque pas la porte au nez Ronald. On ne fuit pas dans cette maison, on se parle. » Il se renfrogne contre la porte, l’expression presque enfantine sous les traits d’homme fini. « Je n’ai plus envie. » Plus envie de quoi ? D’elle. Le mensonge est si gros qu’il s’écarte avec morgue de la porte. Il la connait assez pour savoir qu’un bout de bois ne lui résistera pas.

Ce qu’il veut c’est qu’elle le choisisse lui, complètement. Il voit ça comme une partie d’échec, comme s’il n’y avait pas d’autres choix que la sédition. Les termes d’un armistice ne semblent selon lui que dicté par cette maudite élection et ses conséquences. Le sait-elle seulement qu’elle passera plus de temps dans son bureau et à serrer des mains que contre lui ? L’idée même le met six pieds sous terre et il l’écoute d’une oreille désabusée, la mauvaise humeur évidente sur le pli des lèvres récalcitrantes. Ses arguments sont solides et il s’en veut presque de la voir s’ébranler sous son silence.

Elle va lui refuser son dû quoiqu’il puisse dire alors elle peut bien trembler un peu se dit-il dans l'ire de son caractère impudent.

Du reste, il ne comprend pas le reproche, certain d’avoir presque toujours été exemplaire, de ne jamais vraiment avoir fauté, l’arrogance toute masculine d’être persuadé qu’il a fait du mieux qu’il pouvait et que son mieux était forcément très grand. Il a oublié Lavende et les disputes, les remarques assassines, il a même oublié quand il n’a pas supporté que quiconque autre que lui ne la blesse. Des préliminaires à l’important, tout au plus. A eux. Ce n’est pas sa faute si ce qui l’a si terriblement irrité pendant des années a toujours été ce qui l’attirait violemment vers elle.

(Elle le lui demanderait maintenant, il dirait qu’il n’a jamais été jaloux. Jamais. La mauvaise foi insolente dans l’azur des yeux et presque canaille sur la pointe de la langue. Ni de Viktor, ni d’Harry, certainement pas de ses collègues et encore moins de James Flynch ou de tout ses sénateurs fringants qui ne peuvent que voir combien elle a mal choisi.

Encore et encore.)

« Peut-être que tu n’aurais pas dû. » Le fiel a quelque chose de défensif cette fois-ci. « Pourquoi t’enquiquiner alors ? Tu devrais nous… tu devrais me laisser. File avec ton programme et ton équipe, Shackelbot et compagnie. » murmure-t-il sèchement. Il aurait voulu parler calmement, simplement, mais son cœur fait des bonds à la voir ainsi. Son souffle se perd sous l’émotion et il la scrute, le désir qui éperonne une impuissance latente à la voir disparaître entre ses doigts. Il pourrait la toucher, la sentir pleinement contre lui mais ça ne sert à rien si elle n’est pas réellement là, si sa tête est ailleurs, avec la Justice, dans sa campagne et tout ces autres qui ont besoin d’elle.

Il glisse un doigt sous la bretelle de sa robe, l’affliction si douce entre leurs peaux, si vivante, si brûlante. « Tu devrais suivre tout ça puisque c’est ce que tu veux. J’aurai dit non à ta place aussi. Je ne serai jamais complètement présentable. » Il brûle, il gèle, l’inflexibilité retorse et la souplesse boudeuse. Il aurait préféré qu’elle ne le suive pas ici, il n’a plus nulle part où se terrer maintenant, pas quand elle est si près et le visage si défait. Les murs dallés de la salle de bain font office de prison et il n’a pas envie de capituler. C‘est trop facile. « C’est si terrible que ça Hermione, d’imaginer le reste de ta vie juste avec moi ? »

(Et pourtant, elle reste là, le dos coincé entre un lavabo de fortune et celui qui porte un anneau similaire au sien.)

Les autres doigts suivent sans pour autant défaire, les tissus fantomatiques sur l’épiderme. « Je ne peux ni te garder, ni te laisser partir. » Il la regarde longtemps avec ses yeux chaleureux et tout ce qu’il ne sait pas taire, l'odeur de la défaite se mêlant à la lumière artificielle.
« Très bien. Mais il y aura des conditions. » Il s’écarte définitivement, lui fait face, soudainement inflexible, la ligne de la mâchoire qui se crispe sous l’étrangeté de la situation. Il concède. « Je n’ai pas envie de devenir un accessoire… même si je suis très très beau tout le monde le sait. » Ce n’est pas le moment de plaisanter mais les tâches de rousseur frétillent toujours sous l’agacement et s’il ramène ses cheveux en arrière d’une main nerveuse, Ron cherche en vérité ce qu’il devrait demander.

Planifier, c’est Hermione qui le fait d’ordinaire.

Il panique un peu.

« Pas de boulot après 10h et en l’occurrence si tu pouvais parfois être ici après 10h du coup ce serait appréciable… » Nul, nul, nul. Il devait demander plus. « Si tu deviens ministre... tu pourras fermer les concurrents ? Je sais que je t’ai déjà demandé quand tu es passé à la tête du département de Justice mais tu n’as pas été très effective. » Il se cale contre le mur derrière, la douceur furtive des serviettes contre une chemise qui aurait déjà dû être retiré. « Il y a vraiment des jours où je ne sais pas ce qu’on fiche ensemble. » Ça n’aurait pas dû sonner si cruel. Ça ne l’est pas dans son esprit. Ils s’aiment mais Ron se sait parfois inconstant d’humeur, les remarques légèrement assassines et Hermione est si parfaite. A ses yeux, elle l’est, même maintenant, droite, un fragile tremblement comme seul vestige de leurs failles.

Lui c’est différent, il a la capacité émotionnelle d’une cuillère à soupe, en tout cas selon les dires de son épouse.

Il arque un sourcil. « Y’a trop de vêtements pour une salle de bain. »

Plutôt d’une cuillère à thé en fait.



   
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