HAPPY HALLOWEEN ! Et bienvenue sur . Glitch of magic ! si vous n'avez pas d'idées de personnage, nous avons créé un petit guide pour aider à la l'intégration de vos personnages inventés dans le contexte de Glitch. N'hésitez pas à réclamer des rp aléatoires !!! N'oubliez pas de venir vous recenser avant le 15 novembre ici !!! .

 

 I haven't seen you in a long time w/ Ciarán

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MessageSujet: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Sam 5 Nov - 21:23

William n'attendait personne. Il avait passé l a moitié de la journée allongé sur son lit devant Netflix après le départ précipité de sa compagne du jour. Sa mère l'avait appelé pour se plaindre de ses problème financiers et il avait fini par accepter de lui faire un chèque avant de retourner à Luke Cage et ses palpitantes aventures, un paquet d'alligators en gélatine dans la main gauche, la télécommande dans l'autre. Sa vie n'était pas désagréable en somme, et il était plutôt fier d'en être arrivé là. Mais parfois il était triste sans trop savoir pourquoi. S'il s'était arrêté quelque secondes pour y réfléchir, la raison de cette tristesse incompréhensible aurait été facile à identifier. Il en voulait beaucoup à ses parents d'avoir éloigné Ciarán. William n'était pas du genre à aller à l'affrontement, et il se disait parfois qu'il aurait dû s'opposer à son père plus souvent, mais il ne pouvait pas non plus se blâmer pour tout, alors il leur en voulait à eux surtout de l'avoir privé de ce qui avait le plus d'importance pour lui. Le pire dans tout ça, c'est qu'il incluait Ciarán dans le lot. Il s'était bien vite rendu compte que cet internat en écosse lui avait profité à tous les niveaux, et William n'avait jamais eu l'intention d'être injuste envers son frère, mais il s'était sentie abandonné, indéniablement. Ciarán était peut être mieux dans sa peau, il ne se sentait pas moins différent de celui qu'il avait toujours considéré comme son autre moitié. Comme deux maillons d'une chaîne cassée qui ne s'attachent plus ensemble. Alors pour ne pas souffrir, William avait décidé de faire sa vie, de partir en vacances avec des amis plutôt que de subir une relation qui ne leur ressemblait plus lorsque venait l'été. Avec le temps, ils en étaient devenus des étrangers, qui ne se comprennent plus et ne parlent plus de rien. William ne connaissait pas grand chose de la vie de son frère. Ni son travail, ni sa situation.  Ciarán n'avait pas non plus jugé nécessaire de donner des nouvelles régulièrement. Comme lui, il se complaisait sûrement dans cette nouvelle vie qu'ils s'étaient crée chacun de leur côté. Une vie l'un sans l'autre, mais une vie plaisante loin de leur enfance pas vraiment heureuse pour faire dans l'euphémisme inutile. Il savait qu'il était vivant et qu'il avait son numéro de téléphone, le reste était apparemment accessoire.

Lorsque William y pensait, il ne se sentait pas très bien. Alors il avait juste fini par cesser de se torturer l'esprit avec ça, se concentrant sur les soirées, l'alcool, et le sexe. Une domaine qu'il maîtrisait finalement bien mieux que les crises d’introspection existentielles. A l'inverse de son frère, ce n'était pas un garçon très compliqué. Dans un sens, William avait vite compris que s'attarder trop spécifiquement sur les choses pour les analyser risquait de révéler des vérités nettement plus difficiles à vivre. Il se concentrait donc sur l'instant présent en s'imaginant parfois ce que sa vie aurait pu être si Ciarán n'avait pas quitté Londres. En aucun cas, il ne s'était attendu à le trouver sur le pas de sa porte ce soir là. Il dissimula d'ailleurs bien mal sa surprise «  Ciarán… ? Entre. C'est un peu le bordel, la femme de ménage vient demain. Grosse soirée hier. » Il nota pour s'excuser de l'état de son appartement, mais aussi et surtout pour trouver quelque chose à dire. A une époque, les jumeaux n'avaient même pas besoin de mots pour se comprendre, et désormais William s'entêtait à en trouver pour combler les blancs. « Un café ? »
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Sam 5 Nov - 23:46

Ciarán resta planté en plein milieu de la rue pour regarder Christopher s’éloigner, ne pouvant lutter contre une sensation étrange mêlée d’appréhension et de jalousie aussi. Bien sûr, il aurait pu faire en sorte que Chris ne retourne jamais voir Adrian et le suive immédiatement chez lui. Il aurait pu commencer ses grands projets ce soir sans regret ni remord. Mais il ne veut pas torturer Chris, ce qu’il ressent pour le jeune blond d’autrefois est réel. Bien sûr, il n’a d’autre moyen d’arriver à ses fins que de le forcer, ce qui peut paraître un peu barbare au premier abord. Mais une fois passé ce cap, il fera tout son possible pour que Chris soit le plus heureux possible avec lui, et il sait que clôturer le chapitre Adrian est important avant de passer à autre chose. Il sait aussi qu’Adrian est un homme têtu, imbus de lui même, qui ne croira pas une seule seconde que Chris veut le quitter lui – monsieur l’intellectuel professeur d’université. Ciaran a rêvé plus d’une fois être en mesure de lui révéler sa magie pour lui faire peur et l’impressionner, lui qui se pense tellement au dessus des autres. Peu importe, en tout cas une chose est sûre, lui permettre de retourner voir Adrian ce soir est un geste qui lui sera bénéfique à lui à l’avenir, et il ne peut pas refuser des adieux à celui qui l’aime, parce qu’il a un cœur, Ciaran, au fond, quoi que les gens en disent, quoi qu’en pense son père, aussi. Alors, il a regardé Chris partir, s’arracher à lui une fois de plus mais pour la dernière fois, et puis il a cherché une ruelle sombre pour faire la seule chose qu’il avait à faire.

Transplaner. Devant la porte de l’appartement de son frère. Il aurait aisément pu marcher, mais il aime utiliser la magie. C’est son monde, son secret, son aptitude spéciale, celle que personne ne soupçonne. Il se joue des inconnus, il se joue de ceux qui se moquent. Il brûle le lit de sa chambre. Il aimerait tellement pouvoir le dire à William, lui confier ses secrets… Mais la distance qui les sépare semble irréparable. Il ne parvient pas à renouer les liens qui étaient autrefois les leurs, et comme Ciaran est celui qui est parti, il est nécessairement fautif aux yeux de son frère. Il assume, même s’il regrette. Il aurait préféré emmener William avec lui, et ce n’est pas faute d’avoir tenté de trouver une solution ou une issue de négociation avec tous les interlocuteurs possibles. Il frappe finalement et un sourire éclaire son visage triste quand son frère apparaît dans l’encadrement de la porte. « Bonsoir », il lâche, le plus naturellement et posément possible. William l’invite à entrer et il s’exécute sans demander son reste, refermant les pans de son manteau autour de ses épaules. « Avec plaisir, oui, pour le café », il ajoute en acquiesçant. C’est étrange, la ressemble physique impressionnante coupée d’une étonnante distance. « Je suis désolé de débarquer à l’improviste. Mais… » Il hausse une épaule, ne sachant trop comment justifier ça, en fait. « J’avais peur que tu ne répondes pas si j’avais appelé avant pour prévenir. » Il soupire, sachant très bien que ses craintes ne se seraient pas vérifiées, ils n’e sont pas là, du moins Ciaran ne le pense pas. « Comment tu vas ? » il demande finalement, presque timide.
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Dim 6 Nov - 16:38

La ressemblance était frappante, trop frappante pour ne pas être remarquée. Cela devait faire des années maintenant que William n'avait pas vu Ciarán. Le trouver devant sa porte, réveillait d'ailleurs des émotions difficiles. Dans le fond William savait très bien que son frère n'avait pas forcément mieux vécu la situation que lui, mais Will n'était pas non plus celui qui était parti. Ciarán avait trouvé des gens qui lui ressemblaient là bas, et il avait surtout échappé à la misère incrustée dans leur vie à Clapham avec les Fitzgerald. William avait fait bonne figure, agi exactement à l'image de ce qu'on attendait de lui. Sans pour autant s'illustrer par une scolarité brillante, mais il avait réussi à se débrouiller et à faire apparaître ce satané fric après lequel sa famille a toujours couru. Et dans une certaine mesure, c'était tout ce qu'on attendait d'un gamin Fitzgerald. Will se souvenait d'ailleurs parfaitement bien d'une dispute entre sa mère et  Ciarán. Elle avait finit par lui dire qu'il ne servait à rien du tout, que jouer les apprenti magicien en écosse, ne leur coûtait certes pas un sou, mais qu'il ne leur en apportait pas non plus. Ils auraient voulu qu'il en fasse apparaître, comme par magie. Et c'était finalement ce que William avait fait à sa place sur un coup de chance. Une bonne audition, le visage et l'attitude qu'il fallait et il avait réussi un bien meilleur tour de magie pour sa famille. Il n'avait cependant pas plus d'estime pour eux que Ciarán aurait pu en avoir. Non il continuait de leur envoyer de l'argent en espérant ne plus entendre parler d'eux. Peut être qu'il avait tragiquement envie de savoir si dans leur cas, l'argent était le seul problème, mais leur relation était simplement malsaine, qu'ils puisse partir en vacances ou non.

William se poussa pour le laisser entrer, et juger de l'état de son appartement. « T'es mon frère, bien sur que j'aurais répondu, c'est pas comme si j'avais de tes nouvelles tous les jours non plus. J'aurais pu être à une fête, c'est tout ce que tu aurais risqué. Je t'aurais proposé de venir et tu m'aurais vu ivre à draguer n'importe qui. Je pense que ça aurait pas été une grande surprise non plus. » William était un peu partout dans la presse à scandales, c'était franchement difficile de rater ses exploits alcoolisés. Il alluma la cafetière et remplit deux tasses. Il n'avait pas envie de retourner instantanément à l'alcool. Le mal de crâne du matin peinait encore à s'estomper. « Je te manquais ? » Il plaisanta en souriant. La plaisanterie n'en était pas vraiment une. Il avait beau ne plus rien savoir de sa vie, il connaissait un peu son frère, du moins, il aimait le penser. Ce n'était pas innocent de le voir débarquer ici. Il se rendait bien compte qu'ils avaient perdu quelque chose d'important. Rien que la gêne qu'on pouvait percevoir dans leurs interactions en disait long sur les dégâts que leur relation gémellaire avait essuyé au cours du temps.
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Dim 6 Nov - 20:42

Ciaran se tient droit comme un i quand son frère lui ouvre. Objectivement, il doit bien lui reconnaître qu’il aurait pu téléphoner sans prendre le risque de se voir opposer un refus à l’idée d’une rencontre, mais il préfère dissimuler sa lâcheté sous des excuses bancales qui ne se tiennent pas. Il entre dans un appartement effectivement peu rangé et se laisse aller à suivre son frère quelques instants, tandis que ses yeux errent pour découvrir cet endroit où William vit, sans lui, sans leur famille. Il a de la chance dans son malheur, William, de s’en être finalement sorti. Un père violent, une mère absente et deux fils gaspillés sans compter. Les choses se seraient passées tout à fait autrement si Ciaran avait pu emmener son frère avec lui, si en plus d’être des jumeaux, ils avaient partagé la magie. Il se souvient d’être arrivé à Poudlard, tout petit qu’il était, avec une énorme valise presque vide, avoir croisé d’autres jumeaux, qui eux avaient eu la chance d’arriver à deux. Il ne s’est jamais senti aussi jaloux qu’en croisant ces gens dans les couloirs de l’école. Pourtant, rien à Poudlard ne le ramenait à son ancienne vie, cette vie misérable offerte par leurs parents. Rien sauf le souvenir de son frère esseulé, qui lui fit payer son absence dès les étés suivants, en choisissant la compagnie de ses amis plutôt que celle de son frère, le poussant à noyer sa solitude et ses remords dans la présence de Christopher.

Tout ça pour n’être finalement que rejeté, une fois de plus. Tandis que ses yeux observent, et qu’il constate que bien qu’habitant dans un bazar sans nom, William n’a plus l’air de manquer de rien, Ciaran se dit que finalement, il vaut mieux que son frère ignore tout de sa magie. Ils se connaissent trop bien bien que s’étant perdus de vue ces dernières années, et Will aurait compris rapidement que quelque chose se tramait dans l’esprit torturé de son frère. Il ne veut pas que William comprenne que Chris n’est avec lui – pour l’instant – que par obligation magique. Un mal pour un bien, finalement. « Bien sûr, que tu me manquais. » Il dit ça d’une voix distante mais forte, assurée, persuadé de ce qu’il affirme. « Tu m’as toujours manqué William, depuis le premier jour de l’Ecosse jusqu’à aujourd’hui ». Il hausse une épaule comme s’il venait de sortir la plus banale des phrases, alors qu’ils savent tous les deux qu’ils ne sont pas les plus doués pour exprimer leurs sentiments, ce qui se justifie sans doute par le fait que chez les Fitzgerald, les sentiments ont toujours été recouverts du sceau du tabou. Il attrape le café que William lui sert dans un hochement de tête reconnaissant et prend une inspiration, décidant de changer immédiatement de sujet pour éviter de les mettre, l’un comme l’autre, mal à l’aise. « Il est bien, cet appartement. Je suis content que tu vives ici ». Il se souvient de la maison qu’il a visité un peu plus tôt dans la journée et frissonne. « C’est plus chaleureux ».
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Dim 6 Nov - 22:14

William n'avait pas l'habitude des démonstration d'affection. Principalement parce que dans leur famille ce n'était pas quelque chose qui se faisait. Leurs parents étaient incapables de s'aimer, tout comme ils étaient incapables de séparer, ce qui aurait pu changer leur vie, mais ils n'avaient jamais eu le courage de faire. Quant à Ciaran, les choses avaient changé suffisamment rapidement, pour que William n'ait jamais eu le temps d'expérimenter dans l'art d'être un grand frère protecteur et aimant, prêt à tout pour compenser l'immense fossé affectif dans lequel leurs géniteurs les avaient précipité à un très jeune âge. Aussi il ne s'était pas attendu à ce que la barrière tombe aussi facilement avec Ciaran. Son frère s'était contenté de confirmer, tout simplement, ajoutant que c'était valable depuis l'Ecosse. William avala sa salive, submergé par une émotion qu'il n'avait pas ressenti depuis très longtemps. A dire vrai William avait presque honte d'être aussi bouleversé. Ce n'était pas vraiment la façon appropriée de réagir chez les Fitzgerald. Les assiettes volaient, on se hurlait dessus, mais la sincérité n'était pas vraiment une option. Il leva les yeux vers lui et dissimula son trouble de façon assez pitoyable et pudique, avec quelqu'un qui a une certaine époque le connaissait mieux que personne. Par chance Ciaran changea de sujet, ce qui fut accueilli comme un soulagement par William, qui ne savait pas vraiment comment répondre et exprimer ce qu'il avait lui aussi sur le cœur. Clairement, il n'était pas prêt à le faire pour l'instant. Il avait besoin de temps, besoin de vérifier qu'il ne s'agissait pas seulement d'une visite de courtoisie à l'issue de laquelle William n'aurait plus qu'à remballer ses espoirs de relations fraternelle dans l'hypothèse où une fois de plus Ciaran s'évaporerait dans la nature. Ca pouvait arriver, et ça n'aurait pas été la première fois.

« Merci, il peut se permettre d'être chaleureux au prix ou je l'ai payé. » Et il avait mit le prix dans son acquisition. William avait vécu dans la misère toute sa vie, à se priver constamment pour ne pas donner l'impression à ses parents d'avoir des attentes démesurées. Il avait fait quelques pubs, des jobs étudiants, il n'avait jamais rien demandé à personne, mais il n'avait jamais eu la grande vie pour autant non plus. Aujourd'hui, il avait ce bel appartement dans un beau quartier londonien, un portier un liftier presque, et il en était fier. « C'est bien mieux que l'appartement des parents c'est vrai. D'ailleurs, je pensais qu'avoir un peu d'argent les rendrait plus heureux, mais non. Je leur ai payé les travaux de la cuisine et il continuent toujours de se balancer des assiettes à la gueule. » William soupira, puis sourit apportant sa tasse de café jusqu'à ses lèvres en détaillant le visage de son frère, toujours frappé par cette ressemblance dont il avait perdu l'habitude avec les années. « Qu'est-ce que tu deviens ? » Il finit par demander, parce que la question lui brûlait les lèvres évidemment. Il s'agissait de son frère, petit frère si être né quelques minutes avant comptait dans la balance.
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Mar 8 Nov - 10:40

Ciaran se fiche pas mal du bonheur de ses parents. En fait, c’est presque l’inverse ; il ne leur souhaite que du mal, pour tout le mal qu’ils leur ont fait subir, à William et à lui, tout au long de ces interminables années. Il n’avait qu’une envie, jeune : partir, et quand ce fut enfin le cas, il crut un temps que son calvaire était terminé. Mais c’était sans compter les vacances d’été, que William, bien sensé, fuyait et pendant lesquelles il se retrouvait seul à subir la mauvaise humeur de ses parents, leur mauvaise entente et la maltraitance paternelle. Ciaran trouvait son frère déjà bien trop généreux de donner de l’argent – une peine qu’il ne s’était jamais donné. Il n’envoyait pas non plus de nouvelles, d’amour, ou de cadeaux pour quelque occasion que ce soit et n’était pas près de changer. Ce que Ciaran voulait, en réalité, c’était oublier cette maison de fous, ses parents intransigeants et toute la souffrance que son esprit malade y rattachait encore. Rien n’aurait été plus simple que de tuer ses propres parents pour se débarrasser définitivement de leurs présences paralysantes mais c’était naturellement sans compter sur William qui semblait pour sa part toujours attaché à l’espoir d’une amélioration, à l’illusion de bonne famille que ses parents renvoyaient parfois. Lui avait renoncé mais il ne pouvait raisonnablement prendre le risque de faire souffrir son frère, car s’il y avait bien une chose à laquelle Ciaran était formellement opposé, c’était bien la souffrance de Will.

« Tu as bien de la patience de continuer à les entretenir, ils ne te méritent pas, tu sais ? » il demande en avalant une gorgée de café, resongeant avec amertume à sa chambre brûlée. Ils comprendront tout de suite – Ciaran sait sa mère intelligente. L’avantage, c’est qu’elle ne l’appellera pas pour hurler et que comme ils ont enfermé leur fils dans le secret, ils ne pourront pas plus raconter à Will. Pour son frère, la chambre de Ciaran aura brûlé de manière étrange et impromptue sans que l’on sache réellement comment l’incendie s’est déclenché. Pour sa mère en revanche… Le message est clair. Il se rappelle de la photo qu’il cache dans la poche intérieure de sa veste et soupire un peu. « Je ne comptais pas réellement sur leur capacité à devenir sensés ou raisonnables, en même temps, disons que j’avais juste espérer que maintenant qu’ils étaient seuls ils pourraient unir leur misère commune pour faire un effort. » Ils sont dûrs, ces mots qui sortent de sa bouche, mais il ne fait pas le moindre effort pour les retenir. Il s’en fiche. « Moi, ça va. Comme d’habitude. Je travaille, je rentre, la routine quoi, rien de très palpitant ». Il soupire un peu – il va falloir qu’il explique, à un moment ou à un autre, avoir croisé la route de Chris Grayson, ce qui l’aidera à justifier le retour du jeune homme dans sa vie. « Et toi ? T’es heureux, Will ? » il demande, brut, parce que c’est la question qui lui démange la bouche, la seule qui l’intéresse vraiment.
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Mar 8 Nov - 21:36

William ne s'était jamais vraiment posé la question de savoir si ceux qui lui avaient donné la vie méritaient quoi que ce soit de sa part. Ils étaient ses parents, et William avait simplement l'impression d'être un gosse respectueux, ni plus ni moins. Oh il aurait pu tout à fait les laisser dans la misère dans laquelle ils donnaient l'impression de se complaire, mais il n'était pas de ceux qui se laissent bouffer par la rancune en pensant stupidement que ça changerait quoi que ce soit au passé de toute façon. Pour lui c'était une perte d'énergie incommensurable qu'il n'était pas prêt à troquer pour une vendetta à la con. William ne voulait pas se battre, et leur en vouloir lui aurait seulement donné des raisons de se lancer dans une introspection désagréable, alors qu'il pouvait se contenter de faire un chèque et de ne plus entendre parler d'eux pendant un moment. Et puis tragiquement, c'était par eux qu'il avait des nouvelles de Ciaran. La plupart du temps, ils ne faisaient que lui dire qu'il ne faisait rien de sa vie et qu'il était de la mauvaise graine, mais il avait au moins le mérite de savoir qu'il était en vie grâce à eux. Tout comme il avait appris aussi qu'il avait mis le feu à la maison familiale, d'après les exagérations de sa mère qui avait très certainement laissé une bougie allumée quelque part et décidé de blâmer son jumeau ensuite. Cela ne l'aurait pas étonné. Rentrer là dedans n'avait en revanche aucune utilité pour le brun qui ne réagissais jamais lorsqu'il était pris à parti. William vivait bien, pouvait commander un plateau de sushis deux soirs de suite sans risquer de faire éclater son budget et il avait beaucoup d'heures à passer sur Netflix entre les tournages. Une vie rêvée, peuplée de jolies filles que sa belle réputation séduisait à sa place ; aucune place pour les conflits inutiles. D'aussi loin qu'il s'en souvenait, William les avait évité comme la peste, toujours. A l'école lorsqu'il s'agissait de prendre la défense d'un élève malmené ou de son propre frère, entre ses parents et Ciaran... De la lâcheté peu être, Dexter lui avait souvent reproché. Alors il avait fait des efforts pour Ciaran, pour être un frère décent, mais ce dernier avait quitté l'Angleterre avant qu'il n'ait le temps de lui prouver quoi que ce soit, alors il ne pouvait pas vraiment se consoler avec ça. Il aurait peut être été un bon frère, mais il n'en avait pas eu l'occasion.

« C'est plus simple comme ça. J'entends moins parler d'eux. Et même si ils se plaignent souvent de toi, j'ai quelques nouvelles. » Il haussa les épaules. Il ne voulait pas faire sonner la phrase comme un reproche et pourtant, il était conscient qu'ils étaient sous-jacents. « Si ils avaient voulu s'en sortir, ils l'auraient fait. Peut être qu'ils sont trop habitués à ne pas en avoir les moyens. Mais je crois plutôt qu'il y a des gens qui se complaisent dans leur malheur, et puis d'autres qui prennent les devants. Il n'en font pas partie c'est tout. Ils pensent que tu as mis le feu à la maison. » Si la relation entre Will et ses parents n'était pas au beau fixe, le manque de compréhension et les problèmes étaient décuplés du côté de Ciaran et leurs géniteurs. Son frère ne faisait pas partie de ceux qui pardonnent de toute façon. Et même si aujourd'hui, Will avait l'impression d'être face à un étranger, c'était une partie de sa personnalité qu'il connaissait. Ciaran ne savait pas pardonner, et oublier encore moins. « Qu'est-ce que tu fais dans la vie ? » William était quelque part attristé d'en arriver à poser ces questions. Des questions banales, mais qui soulignaient bien le problème. Il ne savait rien de la vie de Ciaran.
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Mer 9 Nov - 23:16

Ciaran est un mauvais fils, il le sait. Personne n’a besoin de lui rappeler – il en a pleine conscience. Un mauvais frère, aussi. Parce qu’il est parti, et parce qu’aujourd’hui, absorbé qu’il est dans ses envies de revanche contre la vie qui lui a pris, au fil des années, tout ce qu’il y avait de bon en lui, il n’a pas la prétention de vouloir tenter de recoller les morceaux. Il ne téléphone pas chez lui, il ne prend pas de nouvelles de ses parents qui vieillissent, à peine des nouvelles de William quand il se sent le courage de risquer de se heurter à un mur. Pour William, le problème vient sans doute en grande partie de lui. Ciaran est maladroit, il a du mal à mettre les mots dans le bon sens pour exprimer ce qu’il ressent. Il ressent les choses, dans son cœur, son cerveau lui dicte la douleur, le manque et l’angoisse, mais jamais ces émotions ne passent ses lèvres bien souvent closes. Il est de ces gens qui ne parlent pas beaucoup, qui n’osent s’exprimer pour dire des choses inutiles, et qui considèrent, la faute à leur éducation, que ce qu’ils ressentent n’est pas utile. Alors il se tait. Même face à William, désœuvré, il se tait et garde tout ce qu’il ne peut pas dire pour lui. Il en aurait, pourtant, des choses à dire à son frère, s’il arrivait à s’exprimer sans risquer de tout gâcher… Pour ses parents, c’est différent. Ciaran n’a aucune envie de leur dire quoi que ce soit, ni même de les croiser, de leur parler, ou de sentir leur présence. Il les déteste, point final – il n’y a plus la moindre once d’amour entre eux.

« Je suis consultant pour la publicité d’une entreprise », il raconte en haussant une épaule. Ce mensonge lui arrache presque une grimace – il se déteste de devoir mentir, en plus du reste. Ca laisse une impression de trahison au fond de ses entrailles, impression qui le suit depuis des années maintenant, depuis Poudlard en fait. Il aimerait pouvoir expliquer à son frère mais il ne peut plus le faire aujourd’hui. D’abord, William se sentirait sans doute trahi, voire dégouté par ce frère que de nombreuses personnes pourraient assimiler à un monstre. Ensuite, il risquerait de voir clair dans son jeu avec Christopher, et ça… il ne peut pas se permettre d’avoir des regrets ou de culpabiliser pour quelque raison que ce soit. « J’ai mis le feu à ma chambre », finit-il par confier tout de même. Il ne sait pas pourquoi il le dit, sur le même ton qu’un petit garçon qui confesse une bêtise. « Je me suis assuré que la maison ne brûle pas entière avant de partir, au cas où, mais j’ai mis le feu à ma chambre. J’avais besoin, c’est comme… » Voilà qu’il a trop parlé. Il regrette. Il voudrait reprendre les mots, les retirer de la mémoire de son frère – mais il ne va pas le faire, il ne peut pas. « Excuse moi », il finit par soupirer en se frottant les yeux. « Je les déteste. Je me fiche de leurs états d’âme, ils nous ont pourri la vie. »
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Ven 11 Nov - 23:25

William ne savait pas tellement à quoi qu'il s'attendait. Sa mère n'avait cessé de se plaindre que Ciaran ne faisait rien du tout de sa vie. Alors il s'était logiquement imaginé qu'il lui répondrait la vérité, même si il était au chômage et à la recherche d'un emploi. Après tout, même si il ne se voyaient pas énormément il restait son frère et d'aussi loin qu'il s'en souvenait, Ciaran n'était pas du genre à lui mentir pour des choses aussi bêtes que celles-ci. William n'était pas juge. Lui même, filmait quelques pubs et jouait un rôle récurrent dans un série B lorsqu'il n'apparaissait pas dans quelques films qui passaient dans quelques cinéma de la capitale, mais qui n'étaient pas forcément toujours très bons, ne lui laissant ainsi pas toujours matière à se vanter. Son job n'était fatalement pas extrêmement glorieux. Il avait simplement eu de la chance. Les critiques n'encensaient pas forcément ses prestations, c'était même assez souvent l'inverse. Il n'était ni bon ni mauvais, il gagnait tout simplement sa vie de manière honorable et pouvait désormais profiter d'une célébrité agréable, d'une revanche sur la vie agrémenté par la possession d'un bel appartement avec vue qu'il avait pu acheter avec le gros cachet d'un blockbuster qui avait marqué un tournant dans sa carrière. Détail qui l'avait rendu acceptable aux yeux de leur parents qui avaient fini par valider le choix qu'ils lui avaient reproché maintes et maintes fois de devenir acteur. L'argent qu'il pouvait apporter au foyer désespéré, rendait ses choix de vie presque tolérables, mais ça avait été loin d'être le cas à l'origine. Lorsqu'il leur avait annoncé son intention de devenir acteur, il n'avait pas été mieux traité que son frère jumeau qu'on taxait de fainéant. Ils avaient vu le tout d'un mauvais œil et l'avaient considéré aussi injustement qu'il le faisaient encore aujourd'hui avec Ciaran. William hocha la tête cependant. Il venait de retrouver son petit frère, ce n'était pas le moment de le confronter pour un mensonge qu'il avait probablement élaboré par honte. Il n'avait pas envie que Ciaran se compare à lui. Mais il ne pouvait pas non plus l'accuser de mentir cinq minutes après l'avoir retrouvé, persuadé qu'il le faisait pour une question d'égo. Alors il ne dit rien.

Lorsque Ciaran lui avoua qu'il avait effectivement mis le feu à sa chambre, il haussa une épaule. Dans d'autres circonstances, peut être qu'il se serait inquiété de l'état mental de son frère, mais tout ça l'étonnait à moitié et lui semblait presque normal. Élevé dans une famille aux relations fondamentalement abusives, il aurait eu bien du mal à pointer l'anormalité dans les actes des uns et des autres, il s'agissait simplement de son quotidien. Si William n'avait pas le courage de faire face à ses ressentiments comme Ciaran, il ne lui en voulait pas vraiment d'avoir foutu le feu chez leur parents, peut être qu'ils le méritaient un peu finalement. Sa réaction fut d'ailleurs très passive lorsqu'il apprit la nouvelle. « Et ils continuent de se la pourrir. C'est juste la façon dont ils fonctionnent et tu n'y peux rien. Tu devrais abandonner, ne plus aller les voir. Ce n'est pas à toi qu'il vont réclamer de l'argent après tout, alors tu peux simplement vivre ta vie et ne plus t'en préoccuper. » William lui adressa un sourire et apporta la tasse de café jusqu'à ses lèvres. « Tu vis seul ? Avec quelqu'un ? » Série de questions basiques. William n'avait pas vraiment le choix. Reconnecter avec son frère impliquait de commencer par le début, même si le tout avait le don de profondément le déprimer.
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Sam 12 Nov - 23:41

De son enfance, Ciaran se rappelle chaque détail. C’est peut être son statut de sorcier qui a voulu ça ; il n’a jamais eu l’occasion de poser la question à qui que ce soit. Il ne sait pas si William se rappelle avec autant de précisions les soirées d’angoisse forcées à table, quand leur père n’avait qu’envie de leur hurler dessus, sans doute pour évacuer la frustration. Ciaran se rappelle même de l’odeur terrible de la cuisine de leur mère – qui contribuait à mettre leur père dans tous ses états – les tomates cramées dans le fond de la casserole, l’huile versée à flot sur de la viande bouillie. Il se rappelle n’avoir qu’un souhait ; celui de pouvoir regagner sa chambre, sas illusoire de sécurité. Bien entendu, il lui était impossible de s’enfermer à clés dans leur maison, son père ne l’aurait jamais permis et sa chambre ne possédait de toute façon pas de verrous. Il arrivait que son père vienne lui faire des reproches alors qu’il s’apprêtait à se glisser sous les draps froids. Il arrivait qu’il ne sache pas exactement ce que son père lui voulait, lui reprochait, en dehors du fait sans doute qu’il était un petit garçon plus frêle que les autres, plus sensible aux maladies, aux douleurs de la vie quotidienne. Ciaran se souvient aussi des longues périodes d’été passé dans la maison vide, chaude, humide. Oppressante. William parti en vadrouille chez les Simmons, en vacances, attaché à la normalité de sa vie, et lui, priant pour que le temps s’accélère, pour quelque chose se passe qui le libèrerait de sa vie. Il n’a jamais aussi espérer trop fort, de peur qu’une catastrophe se produise et laisse William seul et orphelin. Il a tenu pour lui ces années de misère où sa folie aurait pu le mener à des desseins bien sombres pour un garçon de son âge. Sitôt en âge d’avoir terminé ses études et de trouver un emploi, il a quitté la maison familiale sans même prévenir de son départ, après y être momentanément revenu. Il a fait sa valise, emporté les choses importantes, abandonnant derrière lui le souvenir traumatisant de ces années volées.

Abandonner. C’est vrai, il devrait abandonner. Arrêter sa vendetta personnelle, ses petites vengeances à petite dose qui ne servent pas à grand chose. William a raison, mais Ciaran n’arrive pas à oublier. Il n’arrive pas à se départir de la haine qu’il éprouve envers ses géniteurs traumatisants, ces gens sales, mauvais. Méchants. Il a de la peine, quand il repense au petit garçon qu’il était alors. Parfois, il aimerait revenir dans le passé pour discuter avec lui même ; il ignore simplement ce qu’il se dirait. Est-ce qu’il se conseillerait d’être fort, de tenir le coup ? Est-ce qu’il prétendrait que tout s’arrangerait ? Il en doute. Peut être qu’il prendrait simplement la main de ce petit garçon pour l’aider à faire ce qu’il a toujours manqué de courage pour faire. Ouvrir la fenêtre, regarder les étoiles, et arrêter là la souffrance. Il éviterait une bonne dose de complexité à Christopher, il éviterait les remords et les reproches dissimulés de son frère, et la peine d’Adrian. Tout le monde s’en porterait mieux, lui le premier. Il a simplement été trop lâche pour que ne s’abrège le supplice, et maintenant il se retrouve tout seul avec une vie à réparer, comme redevable de la version rêveuse et idéaliste du petit garçon qu’il était. Il lui doit bien ça, un peu de bonheur, quelques instants de légèreté. L’illusion de l’amour, et d’une vie construite sur des bases qui ne sont pas seulement vide. C’est pour ça qu’il est là. Parce que Chris ne suffira pas à le rendre heureux, le petit Ciaran. Il a besoin de retrouver son frère disparu pendant l’été, aussi. Et il aurait sans doute besoin que ses parents s’excusent, mais Ciaran n’est pas capable d’aller les voir pour exiger qu’ils présentent les leurs. Il risquerait de les tuer. « Je vis seul », il répond finalement en se tirant de ses pensées profondes et sombres. Il n’a pas envie que William le voit comme un type effrayant ou dépressif, ce n’est pas ce qu’il est. « Mais je vois quelqu’un. Tu te rappelles des Grayson, qui vivaient en face de chez nous ? Je vois leur fils Christopher ». Il faut bien qu’il prépare le terrain. Qu’il tisse la toile du mensonge pour simuler la vérité, la normalité. « Ce n’est pas officiel et pour l’instant, on se contente de se voir, comme ça. » Il prend une inspiration et termine son café, reportant la conversation sur son frère. « Et toi ? Tu vis seul ? » il demande finalement en reposant la tasse devant lui. « J’ai beaucoup aimé ton dernier film, tu sais ? J’y suis allé deux fois. » Ce n’est pas un mensonge, et c’est sans doute la première fois qu’il dit vraiment la vérité depuis le début de la conversation.
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Dim 13 Nov - 0:39

William ne comprenait pas. Ciaran n'avait donné aucune nouvelle et à partir d'un certain temps, il avait fini par se dire qu'il ne comptait plus vraiment, qu'il avait terminé par le mettre dans le même panier que leurs parents qu'il détestait tant. William avait eu beaucoup de mal à vivre la chose. Et pour être honnête, sans pour autant en parler à qui que ce soit dans la famille, il avait fini par prendre rendez vous avec l'infirmière du lycée pour en discuter. Ce n'était qu'une infirmière, et peut être qu'elle se fichait finalement un peu beaucoup de tout ça, mais elle l'avait écouté, laissé venir chaque vendredi pendant son heure de permanence en accord avec l'administration. William avait parlé de Ciaran, expliqué qu'il ne comprenait pas le comportement étrange de son frère qui ne revenait que l'été et qui lui écrivait si rarement. Elle avait fait son possible pour lui apporter du soutien, pour avoir l'air de comprendre aussi, mais les relations gémellaires étaient quelque chose de bien particulier, qu'on ne pouvait appréhender réellement que lorsqu'on les vivait pour de vrai. Dexter Simmons aurait pu comprendre. D'ailleurs il avait essayé à maintes reprises d'inciter William à se confier à lui, mais c'était trop difficile pour lui d'en parler, alors qu'il était jaloux de le voir passer le reste de son temps avec Thomas. Il les avait enviés tous les deux, et les voir ensemble avait été difficile. Il pensait souvent à Ciaran, à ses nouveaux amis bizarres, au fait que du jour au lendemain, il ne lui disait plus rien du tout. Le voir dans son appartement décidé à discuter avait quelque chose d'irréel. De triste aussi. Ils avaient désormais déjà trente ans, et l'impression d'avoir gâché une bonne partie de leur relation. Ce temps perdu, ils ne pouvaient pas le rattraper, mais ils pouvaient essayer.

William faisait son possible pour cacher son trouble, alors qu'une partie de lui n'avait juste pas la force de lutter. Il aurait voulu prendre Ciaran dans ses bras tout simplement, lui dire tout un tas de choses qu'il s'était imaginé lui dire dans l'hypothèse ou comme aujourd'hui, il l'aurait trouvé sur le pas de la porte. Mais ce n'était pas aussi facile à dire qu'à faire, et William n'était plus un enfant. Il l'invita à s'asseoir et se laissa tomber lui même sur le canapé pour l'entendre parler de Christopher. Il fronça un peu les sourcils, étonné. Il était presque certain qu'il s'était marié avec le petit rouquin de qui ne lâchait pas d'une semelle. « Je me rappelle, le voisin avec qui tu traînais pendant les vacances, c'est ça ?  Je ne savais pas que tu étais attiré par les hommes.» En fait il ne savait pas grand chose de la vie de son frère, et ce n'était qu'une nouvelle preuve de ce fait tragiquement avéré. « Moi c'est compliqué, je vois une fille, et on voit tous les deux d'autres gens. Je pense pas être prêt pour une relation sérieuse et elle non plus, mon mode de vie c'est vraiment n'importe quoi, si tu savais... » Il ricana légèrement. Quelque part il était un peu surpris que Ciaran ait apprécié ses films. Si Ciaran avait fait carrière dans le cinéma, William les aurait regardé sans doute. Il ne devrait pas être si surpris. « Le dernier n'est pas le pire c'est vrai. Mais les critiques n'étaient pas très flatteuses pour l'avant dernier. » William marqua une pause, puis posa son regard sur son frère. Il ne put s'empêcher de lui poser la question. « Est-ce que tu reviendra me voir ? Est-ce qu'on regardera des films sur netflix en mangeant de la pizza de temps en temps ? Je sais pas si je le prendrais très bien si tu disparaissais de ma vie encore Ciaran. » Le visage d'ordinaire si peu sérieux de William avait l'air préoccupé cette fois-ci.
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Dim 13 Nov - 16:38

Il n’est pas très à l’aise, Ciaran, de raconter tous ces mensonges, même si sa voix sonne étrangement calme et que, bien que sceptique, William a l’air de le croire. C’est probable après tout. Ils se sont perdus de vue si longtemps, c’est normal que William ne connaisse pas les préférences sexuelles de son frère. Ça n’est pas très important, de toute façon. Ca l’aurait été dans une famille normale, sans doute. Une famille où un enfant qui s’interroge sur sa sexualité recueille l’aval de ses parents, recherche leur approbation. Mais lui, il ne cherche l’approbation de personne. Il aime les hommes et parfois, il leur préfère les femmes. Ca dépend des jours. Il est volage, parle peu. En général, il drague dans des endroits bruyants, brouillons, bondés. Là où ça sent l’alcool et la chaleur humaine, comme ça il est sûr de ne pas avoir trop besoin de parler, il n’aime pas trop ça, faire la conversation. Il aimerait sans doute plus ça avec Christopher. Il ne sait pas encore s’il pourra se contenter de lui, où s’il aura besoin de chercher ailleurs. Sans doute une femme, de temps en temps, il n’en sait rien pour le moment. Il n’a pas anticipé. Il prend une inspiration et hausse une épaule. « Je suis attiré par les hommes et parfois par les femmes, je ne sais pas trop en fait ». Il tourne les yeux et jette un regard furtif. « Tu as raison, il était toujours fourré avec Adrian, mais il se lasse. » Officiellement, il ne peut pas encore affirmer qu’ils sont séparés – on ne sait jamais.

« Tu fais bien d’explorer un peu, si c’est ce qui te comble pour l’instant », Ciaran répond, pour montrer qu’il ne juge pas – il serait de toute façon si mal placé pour le faire. Ce serait ridicule. « Peu importe les critiques, en tout cas William, je suis content que tu réussisses et que tu fasses ce que tu as envie de faire, et tant pis si ce n’est pas au goût de tout le monde, tu sais ce que je pense du jugement des autres… » Il s’offre le luxe d’un sourire et hausse une épaule de nouveau, comme pour appuyer ses propos. La question suivante de William, en revanche, le laisse muet pour quelques trop longues secondes. Il fixe son frère, avec un air qui ressemble presque à un air de défi, et prends une longue inspiration. Il est fatigué, cette entrevue l’épuise par les efforts qu’elle lui demande pour être le plus normal possible. Mais cette question lui laisse un goût amer, lui fait porter la responsabilité de toutes ces années de silence et de séparation. Il ne sait pas quoi répondre sans exploser – révéler la rage et la haine qui parfois balaient la détresse. « Je reviendrai, oui », il finit par dire dans un murmure étranglé. Il s’est braqué ; son corps s’est tendu. Il ne comprend pas pourquoi il a aussi mal – et pourtant, elle est bien là, la douleur qui s’agite près de son cœur. « Tu sais, ce n’est pas seulement moi qui ai disparu de ta vie Will… » il finit par lâcher, après avoir respiré un nombre incalculable de fois à une vitesse folle. Juste pour garder le contrôle, parce que la dernière personne qu’il veut faire souffrir, c’est bien son frère qui se tient face à lui. Il ne veut aucun mal à William, jamais. « Tu as disparu de la mienne, toi aussi. Je n’ai pas choisi ce pensionnat, la distance, je ne t’ai pas poussé dehors pendant les étés, quand je revenais à la maison. Et moi aussi, j’ai un numéro de téléphone, une adresse… » Il n’a pas envie de remettre la faute sur les épaules de son frère, mais il ne peut pas porter tout seul le poids des années. C’est trop lourd, trop difficile. Ca menace de le rendre fou. « Moi aussi je souffre ».
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Dim 13 Nov - 16:38

Il n’est pas très à l’aise, Ciaran, de raconter tous ces mensonges, même si sa voix sonne étrangement calme et que, bien que sceptique, William a l’air de le croire. C’est probable après tout. Ils se sont perdus de vue si longtemps, c’est normal que William ne connaisse pas les préférences sexuelles de son frère. Ça n’est pas très important, de toute façon. Ca l’aurait été dans une famille normale, sans doute. Une famille où un enfant qui s’interroge sur sa sexualité recueille l’aval de ses parents, recherche leur approbation. Mais lui, il ne cherche l’approbation de personne. Il aime les hommes et parfois, il leur préfère les femmes. Ca dépend des jours. Il est volage, parle peu. En général, il drague dans des endroits bruyants, brouillons, bondés. Là où ça sent l’alcool et la chaleur humaine, comme ça il est sûr de ne pas avoir trop besoin de parler, il n’aime pas trop ça, faire la conversation. Il aimerait sans doute plus ça avec Christopher. Il ne sait pas encore s’il pourra se contenter de lui, où s’il aura besoin de chercher ailleurs. Sans doute une femme, de temps en temps, il n’en sait rien pour le moment. Il n’a pas anticipé. Il prend une inspiration et hausse une épaule. « Je suis attiré par les hommes et parfois par les femmes, je ne sais pas trop en fait ». Il tourne les yeux et jette un regard furtif. « Tu as raison, il était toujours fourré avec Adrian, mais il se lasse. » Officiellement, il ne peut pas encore affirmer qu’ils sont séparés – on ne sait jamais.

« Tu fais bien d’explorer un peu, si c’est ce qui te comble pour l’instant », Ciaran répond, pour montrer qu’il ne juge pas – il serait de toute façon si mal placé pour le faire. Ce serait ridicule. « Peu importe les critiques, en tout cas William, je suis content que tu réussisses et que tu fasses ce que tu as envie de faire, et tant pis si ce n’est pas au goût de tout le monde, tu sais ce que je pense du jugement des autres… » Il s’offre le luxe d’un sourire et hausse une épaule de nouveau, comme pour appuyer ses propos. La question suivante de William, en revanche, le laisse muet pour quelques trop longues secondes. Il fixe son frère, avec un air qui ressemble presque à un air de défi, et prends une longue inspiration. Il est fatigué, cette entrevue l’épuise par les efforts qu’elle lui demande pour être le plus normal possible. Mais cette question lui laisse un goût amer, lui fait porter la responsabilité de toutes ces années de silence et de séparation. Il ne sait pas quoi répondre sans exploser – révéler la rage et la haine qui parfois balaient la détresse. « Je reviendrai, oui », il finit par dire dans un murmure étranglé. Il s’est braqué ; son corps s’est tendu. Il ne comprend pas pourquoi il a aussi mal – et pourtant, elle est bien là, la douleur qui s’agite près de son cœur. « Tu sais, ce n’est pas seulement moi qui ai disparu de ta vie Will… » il finit par lâcher, après avoir respiré un nombre incalculable de fois à une vitesse folle. Juste pour garder le contrôle, parce que la dernière personne qu’il veut faire souffrir, c’est bien son frère qui se tient face à lui. Il ne veut aucun mal à William, jamais. « Tu as disparu de la mienne, toi aussi. Je n’ai pas choisi ce pensionnat, la distance, je ne t’ai pas poussé dehors pendant les étés, quand je revenais à la maison. Et moi aussi, j’ai un numéro de téléphone, une adresse… » Il n’a pas envie de remettre la faute sur les épaules de son frère, mais il ne peut pas porter tout seul le poids des années. C’est trop lourd, trop difficile. Ca menace de le rendre fou. « Moi aussi je souffre ».
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Dim 13 Nov - 20:53

William ne savait pas trop non plus si il était attiré par les hommes ou par les femmes. Il n'avait d'ailleurs jamais vraiment choisi. La société aurait aimé le foutre dans une case, dire que les choses sont soit l'un soit l'autre, qu'il était soit hétéro, soit gay. La vérité c'était qu'il n'était ni l'un ni l'autre. Plutôt un entre deux qui portait un nom bien connu, mais que les gens avaient toutes les difficultés du monde à admettre étrangement, persuadés qu'il fallait nécessairement avoir au moins une préférence pour l'un ou pour l'autre pour répondre aux standards de cette fichue société. Pour certains la bisexualité était un mythe, une confusion passagère. Un mec bi épousait une femme et il redevenait hétéro aux yeux du reste du monde, un mec bi épousait un homme, il devenait gay, un point c'est tout. Les cases permettaient aux gens de se donner une identité. Cette foutue recherche d’identité, la base de l'humanité. William n'avait aucune idée de ce qu'il était et comme n'importe qui sur cette planète, il aurait aimé le savoir, et pouvoir se mettre dans une case lui aussi, s'y tenir. Ce serait tellement plus simple. Bien plus aisé que de se débattre dans un no man's land entre la personne que l'on pense être et celle qu'on voudrait être. Il alluma une cigarette. « Tu n'as pas besoin de savoir, l'attirance ça ne se commande pas. » Il haussa une épaule, tira sur sa cigarette. « Entre toi et Adrian, j'hésiterai pas si ça peut te rassurer. » William se souvenait ce petit garçon frêle au visage criblé de tâches de rousseur. Il avait du mal à l'imaginer grandi et attirant, ce qui facilitait grandement la mauvaise foi, et le soutien fraternel. « Je sais dit comme ça, ça sonne pervers. » William s'empressa d'ajouter. C'était son jumeau théoriquement, il n'allait pas aller s'imaginer qu'il lui faisait du rentre dedans, mais ça faisait des années qu'il ne l'avait pas vu, alors autant ne pas l'effrayer.

Ciaran le complimenta sur son film et William fut touché. Il n'était pas du genre à s'envoyer des fleurs. Il était assez réaliste sur ses prestations d'acteur, mais obtenir l'approbation de son frère était quelque chose qui ne pouvait que compter pour lui. « Je sais ce que tu penses, et tu sais ce que je pense aussi, enfin je crois. » Il n'était plus si sûr. Après tout, il se referait à ce qu'il connaissait d'un gamin de dix ans ou presque. On ne pouvait pas dire qu'il aient échangé des masses après qu'il ait quitté Londres pour l'écosse. La conversation prit un tournant auquel Will ne s'attendait pas cependant. Dans son imaginaire, il lui aurait simplement promis de revenir et ils auraient enchaîné sur les bons vieux souvenirs, mais Ciaran n'avait pas pu s'empêcher de réagir d'une manière complètement inattendue pour William. Comme si il était en colère. Un instant il ne savait plus quoi dire. Il avala difficilement sa salive, perdant totalement le contrôle de ses sentiments. Ciaran n'avait aucune idée du chemin parcouru par William pour tenter de mettre derrière lui tout ça. Il se lève et écrase sa cigarette. « Un téléphone et une adresse que t'as pas trouvé utile de me donner. Tu m'appelais pas non plus quand t'étais là bas. A part m'envoyer des parchemins bizarres. J'allais chez le psy putain, au lycée. Je m'en foutais pas Ciaran. Et toi, t'avais juste l'air... mieux. Tu voulais y retourner à ce putain de pensionnat. » Il laissa échappa un soupir. « Moi je suis resté avec eux. Et maintenant je sais rien de toi. »
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Mar 15 Nov - 23:26

Ciarán ne sait pas exactement quand il s’est posé la question de l’attirance pour la première fois. D’aussi loin qu’il se souvienne – et depuis bien plus longtemps qu’Adrian – il a toujours ressenti une forme d’attirance pour Chris. Ce n’était pas seulement physique, bien que de manière évidente, le physique de Christopher soit le type de physique que Ciarán apprécie, mais aussi le caractère du petit garçon puis de l’adolescent. Un voisin jovial, concerné, qui prenait soin des gens autour de lui d’une façon bien particulière et spécifique. Un garçon sympathique et souriant, toujours de bonne humeur, qui lui faisait éprouver une grande tendresse. Quand il rejoignait Chris en quittant l’enfer de sa maison, il se sentait ailleurs, comme transporté à des kilomètres de tout son malheur. Pendant longtemps, le voisin a été la seule chose à laquelle Ciarán était fichu de se raccrocher, tant bien que mal. Il se souvient cette année passée à Poudlard, à errer dans les couloirs à la recherche de quelqu’un qui pourrait lui faire penser à son copain. A être impatient de rentrer pour pouvoir voir William et Chris. Cet été là, où lorsqu’il est arrivé chez lui, sa mère lui a sèchement annoncé que William ne serait de retour que quelques jours avant qu’il ne retourne à Poudlard, à la fin du mois d’août. Cet été là où il a appris qu’Adrian avait fait son coming-out et sortait avec Chris pour de bon. Il n’a jamais souhaité aussi fort être en mesure de passer son été loin de chez lui, mais c’était évidemment interdit. Alors il a patienté, comme il n’avait pas le choix. Ciarán relève soudainement les yeux et imite son frère qui s’allume une cigarette. « Merci », il lâche en haussant une épaule. « Je pense que tu n’as pas vu Adrian depuis longtemps, cela dit », il ajoute, assez objectif pour le coup. Adrian a tout pour lui, ce n’est pas nouveau. Pas besoin d’être Christopher pour l’admettre.

Le sujet s’assombrit, soudainement, et Ciarán se sent bien plus fragile d’un seul coup. A nu, vulnérable, devant son frère qui attend sans doute des excuses qu’il n’est pas capable de donner. Les parchemins bizarres, seul moyen qu’il avait trouvé de communiquer avec Will de Poudlard, et qui sont restés sans réponse. Il ne sait toujours pas à ce jour si Will n’a simplement pas répondu ou si c’est sa mère qui a intercepté le courrier. Ou peut être que le courrier a été envoyé à un pensionnat irlandais, tous ce temps. Qui sait ? Surement pas lui. Il n’ose poser la question, même si le sujet est sur le tapis. Il aurait bien voulu que ces années ne broient pas leur relation de frères jumeaux, une relation si spéciale à leurs yeux à tous les deux. Mais il ne peut se considérer comme le seul responsable. « C’est Maman qui m’a envoyé là-bas ». C’est toujours plus facile que d’expliquer le concept dans son ensemble. « Evidemment que je voulais y retourner. Toi ils t’ont toujours toléré mais moi ? Le petit garçon fragile et bizarre. Tous ces étés passés tout seul là-haut dans une chambre pourrie, avec notre père en colère un soir sur deux pour des motifs de pacotille qui grimpait dans la chambre en enlevant sa ceinture pour punir une assiette cassée ou un mot prononcé trop fort ? » Il ne reproche pas à son frère la violence de leur père. « On est fautif tous les deux, si tu veux. Mais ne me fais pas porter la responsabilité de tout ce gâchis », il supplie presque, et ses yeux s’embuent. Il est trop fatigué pour tenter de dissimuler, et de toute façon à quoi bon ? « J’avais besoin de toi autant que t’avais besoin de moi et tu m’as pas plus contacté. J’attendais, aussi… » Il soupire et secoue la tête une dernière fois, reprenant contenant au besoin d’une profonde inspiration. « C’est trop tard, de toute façon. On peut pas réécrire le passé. » Ils ne le peuvent pas, c’est vrai. « Mais je reviendrai. »
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Sam 19 Nov - 12:53

Ciaran avait raison William n'avait pas vu Adrian depuis très longtemps, mais il n'avait pas de mal à l'imaginer. Un petit roux gringalet avec une coupe de cheveux de merde et des gros pull en laine façon christmas jumpers tricotés par sa maman. Le même rouquin qui l'ouvrait toujours en classe, et qui avait toujours un truc intelligent à dire sur les textes de littérature, et même la poésie. Ce petit intello insupportable qui savait même analyser le rythmic pattern d'allumés comme Coleridge au lycée. Oui il ne l'avait pas vu depuis longtemps, mais l'image de ce gosse ne transformait pas en image divine de mec bon pour poser pour en calendrier non plus. Il s'agissait de Fletch, et son frère était carrément mieux foutu dans sa tête. Peu être qu'il avait besoin de le voir pour le croire, mais en attendant, il n'était pas prêt à changer d'avis. Alors pour accompagner son scepticisme, il haussa une épaule. « Si tu le dis. Mais je pense pas qu'Adrian Fletcher soit plus mignon que moi, et comme t'as hérité du même patrimoine biologique, te dévaloriser revient à me dévaloriser. Je te permets pas, après tout, c'est pas Adrian Fletcher qui fait la couverture d'une pub de parfum dans les abris bus sur Oxford Street. » William plaisantait, il ne se vantait jamais très sérieusement, mais cette fois-là au final, sûrement un peu quand même. Il était fier de ce qu'il avait accompli, même si c'était se retrouver en couverture de magasine ou dans un abri bus. Il avait réussi à s'émanciper de l'enfer familial et c'était déjà une grande victoire pour lui. Alors peut être qu'il se retrouvait dans un appartement sans âme au mobilier trop neuf et au parquet trop ciré, mais il pouvait au moins s'offrir le luxe de se trouver plus franchement plus canon qu'Adrian Fletcher. Le minimum.

Le reste de la conversation était en revanche bien moins frivole, et si William pensait qu'il auraient pu attendre une journée au moins pour régler leur comptes, c'était sans compter sur leur tendance à tous les deux à ne rien savoir se cacher l'un à l'autre. L'ambiance était oppressante. Sans doute, se sentaient t-il mal de n'avoir rien à se dire, ou peut être qu'au contraire ils avaient beaucoup trop de choses à se dire pour se permettre de s'éterniser en banalités, mais ça n'avait pas mis longtemps à éclater. Pour une raison qui lui échappait, William s'était mis à lui raconter sa vie, la souffrance qui l'avait accompagné après ce départ, que non, il ne digérait pas quoi qu'il dise. Il aurait voulu qu'il soit là, et que Ciaran le veuille oui non, c'était lui qui était resté avec eux. Il avait perdu son frère, et il n'avait pas trouvé de meilleur endroit ou vivre sa vie, étudier et revenir après l'orage. Il avait fait avec, simplement. « J'ai vécu la même chose que toi, Ciaran, sauf que moi j'avais pas de super pensionnat en Écosse ou retourner quand toi tu t'en allais les 3 quarts de l'année. Je l'ai vécu dix fois pire que toi, parce que je suis resté. Je suis content que tu me vois comme le grand frère qui peut tout prendre dans la gueule, qui est fort and everything, mais moi aussi ça a gâché ma vie. Alors oui j'ai de l'argent et un job plus que correct, mais I'm just like you, I'm fucking fucked up. » Il s'énervait. William était d'ordinaire très calme, mais la situation le mettait dans tous ses états. Ca n'avait pas été facile pour lui non plus, il n'oublierait jamais tout ce qu'il avait pu voir dans cette baraque de dingue, ça affectait la façon dont il vivait les choses, les acceptait, foirait ses relations aussi. Il n'avait eu aucun modèle sain sur lequel se reposer lui non plus, et il l'avait accepté. Le silence de Ciaran non. « Je t'ai écrit des lettres. Et puis j'ai arrêté parce que clairement, t'avais l'air de bien t'amuser là bas. » William alluma une nouvelle cigarette. Tout ça n'était pas bon pour lui. « Enfin comme tu dis, c'est trop tard.  Les problèmes vont pas disparaître comme par magie, il faut faire avec. C'est ce que je fais tous les jours. » Il soupira et ouvrir une bouteille de vin, dont il déversa une grande partie dans son verre avant d'en jeter un autre négligemment sur la table basse. Remuer le passé, n'était pas la meilleure chose à faire pour William. « Alcool où tu dois rejoindre Grayson ? »
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Lun 21 Nov - 15:51

Ciarán était sincèrement persuadé que si son frère venait à croiser Adrian aujourd’hui, son discours serait renouvelé de fond en comble. Il se souvient, lui aussi, du petit Adrian frêle, rouquin, intellectuel peu sûr de lui qui avait le profil premier de la classe qui le faisait détester par ses camarades. Soumis au chantage, aux moqueries, aux railleries, Adrian n’était qu’un dixième de son potentiel, recroquevillé dans un manque cruel de confiance en lui, absolument inconscient de sa valeur, comme s’il avait été aspiré dans la bêtise des uns et des autres. S’il n’avait pas été le meilleur ami de Chris, Ciarán, à l’époque, aurait sans aucun doute ressenti une grande peine pour lui. Le petit garçon qu’il était, peu assuré lui même, était un fervent admirateur de la justice – sans doute parce que sa situation familiale ne lui permettait pas de se considérer comme ces enfants qui reçoivent un traitement juste et bienveillant. « De toute évidence, tu es bien mieux que lui », Ciarán confirme, parce qu’il ne peut pas vraiment dire autre chose à son frère – il le trouve beau, William, sur ses affiches, dans ses films. Parfois, il aimerait bien prendre sa place dans une vie plus normale, plus apaisée. Lui, il est plus frêle, et même s’ils sont jumeaux, les différences physiques entre eux transpirent de leurs apparences respectives. « Mais réserve tout de même ton jugement au jour où tu le recroiseras. Adrian a tout pour lui », il confie à mi-mots, comme si la révélation lui faisait mal. Elle lui fait moins mal maintenant qu’Adrian va être privé d’une partie de son âme.

Il aimerait disparaître lorsque la conversation tourne au règlement de comptes. Rien de très violent, les deux frères n’ont pas pour habitude de l’être, pas l’un avec l’autre en tout cas. Ciarán voit toujours William – à tort, dans doute – comme un aîné le protégeant. Pas contre un rival – or ce qu’ils sont en train de faire, ce n’est qu’une course aux malheurs, à la misère de leurs vies respectives. Ciarán trouve injuste que son frère pense qu’il a vécu toutes ces années en étant simplement bien dans son pensionnat en Ecosse. C’est faux. Il aurait pu profiter de la vie à Poudlard, y être bien – si les fantômes de son passé ne le raccrochaient pas si durement à une réalité qu’il ne parvenait pas à mettre derrière lui, si les étés n’étaient pas synonymes d’enfer, de peur et d’angoisse pour lui. « Ca ne sert à rien de se battre pour savoir qui était le plus malheureux maintenant », il finit par lâcher, en prenant une inspiration douloureuse. Son propre malheur s’est transformé, au fil des années, en une violence sombre qui gronde au fond de son ventre, qui torture son cerveau et qui voudrait sortir, s’exprimer. Qui va le faire, sans doute. « On a souffert tous les deux, pour des raisons différentes et de manière différente, mais ils ont foutu en l’air nos vies à tous les deux. C’est pas à nous qu’il faut en vouloir », il ajoute en s’asseyant finalement dans un fauteuil, sortant une autre cigarette qu’il glisse sur le bord de ses lèvres. Il l’allume, inspire la première taffe en laissant les volutes de fumée gagner ses poumons puis former des cercles dans l’air, devant lui. C’est apaisant, il ignore encore pourquoi il est si attaché au tabac moldu. « Tu m’as manqué. Plus que je ne peux l’exprimer », il finit par conclure. Les blessures se refermeront – même si Ciarán se sait engagé sur une pente savonneuse avec Chris. Si William finissait par apprendre la vérité… « Je ne rejoins pas Chris ce soir, il avait à faire de son côté. Alcool, donc », il murmure finalement en offrant un sourire. « Ma soirée est pour toi, si tu veux que je reste ».
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Lun 21 Nov - 23:53

William haussa les épaules. Il ne voulait pas le contredire. Il trouvait Adrian mignon, soit. Lui avait besoin de le voir pour le croire. Pas sur que ça changerait sa façon de penser d'ailleurs, mais Ciaran avait l'air de le penser, alors une part de vérité se cachait peut être derrière tout ça. Son frère avait au moins réussi à attiser sa curiosité, et il ne put s'empêcher d'offrir une moue moqueuse accompagnée d'une réplique pleine d'un sarcasme évident. « Pourquoi, il s'est coupé les cheveux ? » Ce serait la première chose à faire pour relooker Fletch. Ses cheveux roux devant les yeux et sa mèche à la Justin Bieber dans ses pires années, lui donnait un côté emo ginger qui n'était en rien arrangé par les tâches de rousseur en grand nombre qui criblaient son visage d'ado torturé. Sur les autres, les petites tâches rousses pouvaient avoir un certain charme, mais sur Fletch, ça n'arrangeait rien du tout. Ce gamin avait l'air constamment malade. Si frêle, qu'il pourrait se casser rien qu'avec une tape amicale sur l'épaule. William ne voulait pas imaginer le problème que tout ça pouvait poser si il décidait de s'envoyer en l'air. Techniquement, il avait déjà du le faire, mais l'idée n'avait rien de franchement excitant pour William qui préféra occuper son esprit ailleurs plutôt que de se laisser à imaginer la vie sexuelle super awkward de l'intello de la classe. Par chance, le règlement de compte avec Ciaran remplissait parfaitement le rôle. William se braquait. Dans ces moments là, il préférait changer de sujet, mais pour le coup c'était raté. Le sujet avait besoin d'être abordé, et il ne pouvait pas vraiment l'éviter finalement.

Jouant avec sa cigarette, il regarda son frère tenter d'apaiser les choses. Dans le fond, Ciaran avait raison, ce n'était pas vers eux qu'ils devaient diriger leur rancœur, pourtant William ne pouvait pas s'en empêcher. Ses parents ne réagissaient pas, et d'une certaine manière, et en partie à cause de cette éducation ou l'un comme l'autre, n'avaient pas droit au chapitre, il ne pouvait pas vraiment imaginer se rebeller, surtout après toutes ces années. Pour autant, il ne pouvait pas rester sans rien dire, garder pour lui toutes ces choses qu'il avait au fond du cœur. Il avait besoin que quelqu'un réagisse à sa douleur, qu'il puisse enfin l'exprimer. William était un garçon avec beaucoup de pudeur, et au final, seul son frère échappait à la règle. Alors incapable de se contrôler, il lui avait simplement craché sa souffrance au visage, comme s'il était le seul responsable. En réalité, il était surtout le seul qui pouvait l'entendre. Le seul qu'il laisserait l'écouter. William était plus vulnérable qu'il ne le laissait paraître, et avec Ciaran, les murs avaient tendance à tomber. « Je ne te demande pas de l'exprimer. C'est trop tard Ciaran. Ce qui est fait est fait. C'est plus le moment de se manquer. On ferait tout aussi bien de passer du temps ensemble. C'est sûrement ce qui compte maintenant. » Mais bien qu'il lui ait promis, William restait sur la défensive. Ciaran lui avait promis qu'ils seraient toujours là l'un pour l'autre et lui aussi avait fait cette promesse, et tristement aucun des deux n'avaient réussi à la tenir. Lorsqu'il parle de Chris William ricane. « Des choses à faire ? Comme larguer Fletch pour toi ? » Il apporta son verre jusqu'à ses lèvres. « Je veux bien que tu restes, mais raconte moi ta vie, je ne sais plus rien de toi. T'aimes ton job ? Quand est-ce que tu as commencé à voir Christopher ? »
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Dim 27 Nov - 14:25

Ciarán observe son frère sans faire de commentaires, acquiesçant vaguement lorsqu’il lui demande si Adrian s’est coupé les cheveux. Il l’a fait, et puis il a grandi aussi, devenant un homme mieux bâti qu’il ne l’était étant jeune. Christopher a définitivement aidé son style vestimentaire à s’améliorer, aussi, et il n’est pas rare d’apercevoir le professeur de littérature habillé d’un jean plus serré qu’à l’ordinaire, mettant en valeur son corps d’adulte. Rien à voir avec le petit garçon chétif et craintif de l’époque dont Ciarán se rappelle d’ailleurs parfaitement bien. En plus des évolutions physiques dont a bénéficié Fletcher, il y a aussi cette nouvelle assurance qui l’a gagné au fil des années et des diplômes, à Oxford aussi sans doute où il a vraisemblablement obtenu le respect de ses pairs. Ciarán se doute que si William venait à le recroiser, sa vision changerait radicalement et qu’il en entendrait parler. Ils ne sont qu’humains, après tout, et peut être que si lui même n’était pas si obsédé par Christopher, il remarquerait son âme sœur aussi, comme étant une proie potentielle, potable. Comme un homme physiquement attirant.

La conversation perd cependant en légèreté et Ciarán tire à nouveau sur sa cigarette pour en aspirer une longue taffe. Il n’a pas – ou plus, pour être exact – le courage de ce règlement de comptes. William rejette ses constats et sa tentative d’exprimer ce qu’il ressent, ce qui ne l’étonne pas vraiment, ils n’ont pas été habitués à s’exprimer, ni l’un ni l’autre. Ils sont plutôt dans la réserve et accueillir l’expression des sentiments d’autres personnes n’est pour eux pas plus aisé. C’est précisément pour ça, sans doute, que son histoire avec Jonathan n’a pas fonctionné. Peut être aussi parce qu’il était trop occupé à regarder ailleurs alors qu’il aurait pu avoir quelque chose de bon, de simple et de non forcé – trop occupé à être égoïste, incapable d’exprimer ce qu’il ressentait à part dans la violence provoquée par la frustration. Il pensait pouvoir s’exprimer avec William, mais comprend son frère. Alors il se tait, se mure dans un silence de plomb pour accueillir avec soulagement les sujets plus légers dont son frère propose de parler. Il s’enfonce un peu dans le fauteuil et se sent un peu coupable lorsqu’il déroule son mensonge éhonté. « Oui, il doit mettre les choses au clair avec Fletcher, normalement », il répond en haussant une épaule. « Ma vie n’est pas très passionnante. Je travaille beaucoup, je voyage de temps à autre pour découvrir de nouveaux pays et depuis peu, je fréquente Grayson » il raconte en haussant une épaule. « La plupart du temps, en réalité, je suis assez seul ». C’est la vérité – il est seul. Sans doute par sa faute, c’est certain, mais seul quand même. « Et toi ? » il demande finalement d’une voix plus calme. « En dehors des parents qui te prennent ton argent ? »


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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Sam 3 Déc - 18:40

William haussa les sourcils. Il ne voulait pas songer au bordel que les choses allaient devenir lorsque le nouveau petit ami de son frère allait mettre les choses aux clair avec son ex. De ce qu'il se souvenait de Grayson et de Fletcher, les choses étaient plutôt sérieuses entre eux, et ils avaient de grand projets du style mariage, bébé joli appartement bien décoré et cafetière dernier cri. Il n'avait pas de mal à imaginer que Grayson ait fini par se lasser de son petit ami discret et trop sérieux, mais il ne pouvait pas imaginer que cette rupture se passe sans encombres. Il y allait forcément avoir du drame, des cris, des pleurs, et si il avait été son frère, il ne se serait sûrement pas engagé dans ce genre de relation compliquée qui allait forcément se heurter à des problèmes techniques. Après, lui et Ciaran avaient toujours été différents là dessus. William n'était pas un grand sentimental, où plutôt, il n'avait jamais rencontré quelqu'un qui lui ait donné envie de chercher les ennuis voire braver le potentiel drama qui résulterait de l'acte de trahir un bon ami pour se taper son fiancé par exemple. Depuis sa plus tendre enfance, son instinct de conservation sans pareille, lui avait toujours permis d'éviter les conflits et les ennuis comme la peste. Il avait fait partie de ceux qui ricanent des intellos au fond de la classe, mais il avait toujours su s'éclipser quand on les poussait contre les casier et les insultait dans la cour par exemple. Sa modération et son aptitude à disparaître à la moindre odeur de danger lui avait clairement évité bon nombre de situation malaisantes. On ne pouvait pas en dire autant de Ciaran, mais ça ne l'étonnait pas qu'il soit prêt à risquer sa tranquillité pour Christopher Grayson finalement. Après tout, il avait passé ses étés avec le blondinet lorsque son frère au contraire cherchait un échappatoir en accompagnant des camarades d'école en vacances aux frais de leurs parents. Ce qui arrangeait complètement les Fitzgerald qui avaient une bouche en moins à nourrir pendant ce temps là. William ne connaissait peut être plus grand chose de son frère, mais il n'avait pas été sans ignorer que Ciaran avait toujours désiré prendre la place occupée par Adrian Fletcher, jusqu'à présent. Il était content pour lui vraiment, même si un peu jaloux qu'il ait réussi à rester si proche de Grayson, et qu'il n'ait pas été fichu de lui donner des nouvelles. Il retient le commentaire cela dit, et hocha la tête. « Ca promet. J'aimerai pas être à ta place. » William commenta en les resservant à mesure que leurs verres se vidaient. « Tout ça avec un job dans la pub ? J'espère que c'est bien payé. » Il plaisanta en apportant son verre jusqu'à ses lèvres. « Je ne fréquente personne, pas d'amour de lycée. Dexter avons gardé une relation complètement platonique, et sinon je voyage aussi pas mal, je signe des autographes, ce genre de choses... » Conversation un peu plate peut être. Ca irait mieux après quelques verres.
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Mar 6 Déc - 13:05

Après l’étrange goût amer laissé par leur dispute – sans élever la voix mais qui a laissé une atmosphère lourde de reproches dans la pièce – les deux frères se calment. Ciaran aspire la fumée de sa cigarette et ferme les yeux quelques instants, respirant lentement pour calmer l’agitation de son cœur qui lui fait presque mal d’avoir agité tous ces souvenirs douloureux qui lui ont été arrachés. Il aimerait lui expliquer, et sans doute s’il n’avait pas projeté de soumettre Chris à l’imperium l’aurait-il fait. Il est à peine sûr que cela aurait changé quoi que ce soit aux yeux de son frère, mais il ne peut s’empêcher de trouver l’injustice du reproche cruel, lui qui n’était qu’un petit garçon arraché à une famille abusive à l’origine. En dehors de William, personne ne lui portait réellement attention. Il aimerait que son frère prenne conscience de l’acharnement avec lequel il s’est battu pour tenter de lui obtenir la permission de le rejoindre, qu’il comprenne qu’il était coincé sans autre option que de rester dans cette école nouvelle et d’intégrer ce monde si particulier que personne ne connaît et que ses parents exècrent d’autant plus. Mais ceux-ci avaient décidé de présenter les choses autrement et c’est leur version que William a décidé de retenir, alors Ciaran comprend qu’il le blâme pour toutes ces années de séparation, et aussi pour le fait qu’il n’ait pas téléphoné depuis que tout est fini, depuis qu’ils ont emménagé chacun de leur côté. Mais pour cette période, la faute est au moins partagée.

La conversation retombe donc dans les méandres de la normalité, une normalité presque absurde, d’ailleurs. « Pas trop mal payé, et puis j’ai pas vraiment de dépenses, je vis seul dans un appartement bien plus petit que le tien », il explique dans un haussement d’épaule. « Tu viendras dîner un soir de la semaine ? » il ajoute en haussant les sourcils. Il est content d’avoir fait le premier pas ; il est content que les liens soient tissés de nouveau, bien que fragiles. « Tu dois avoir un sacré paquet de fans qui te courent après, nan ? » il demande finalement dans un sourire amusé, presque rieur. C’est ce genre de conversations, de complicité qu’il aimerait avoir avec son frère.
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Mar 6 Déc - 17:37

William hausse une épaule, le sujet est décidément plus léger et gérable. Plus banal aussi. Dans la situation ce n'est certainement pas plus mal et pourtant, William ne peut pas s'empêcher de s'imaginer ce qu'aurait pu être leurs conversations, si ils n'avaient dû faire face à l'énorme fossé qui les sépare désormais. Malgré leur volonté à tous les deux de réussir à reconnecter l'un avec l'autre. Cette soirée n'est pas forcément une réussite de côté là. Ils vont boire, parler de tout et de rien, mais une certaine pudeur les éloigne cependant malgré eux. Une pudeur mise à mal par les règlements de comptes d'il y a quelques minutes, mais qui n'ont pas forcément réussi à faire tomber pour de bon les murs qui les séparent. La faute à leur éducation à tous les deux. On ne parle pas de ce qu'on ressent chez les Fitzgerald. On garde tout ça pour soi, et on casse des assiettes en proférant des insultes. On hurle, on blesse, on agresse, mais on n'exprime pas grand chose. Et lorsqu'on est un gamin Fitzgerald, on subit surtout, et on ne dit rien. Le privilège de l'expression étant réservé aux grandes personnes qui ont déjà tellement à se dire. William a vu tellement de conflits, qu'il préfère les éviter, même si ça veut dire mettre son mouchoir par dessus toutes ces choses qui l'affectent, et à propos desquelles il aurait sûrement beaucoup de choses à dire lui aussi.  « Je viendrais si tu m'invites. Préviens moi juste deux trois jours à l'avance. » Il hausse de nouveau les épaules avant de boire une gorgée d'alcool. « Histoire que j'ai le temps de passer acheter une bouteille de vin. » D'annuler deux trois anniversaires et soirées mondaines aussi. William avait une vie finalement bien remplie, une vie qui s'était passé de la présence de son frère et à qui il faudrait également ménager du temps. La perspective lui donne de l'espoir, et en même temps il se rend compte du temps qu'ils ont surtout perdu tous les deux. Alors ils boivent, mais les langues ne délient pas aussi facilement qu'ils le voudraient pourtant tous les deux. Ils essayent en tout cas. « Pas mal, c'est vrai. Certaines sont un peu flippantes. Je t'avais dit que j'avais reçu des petites culottes aussi ? » Non bien sur qu'il ne lui a avait pas dit. William se rend compte de la connerie qui passe ses lèvres. Dans sa tentative pour être naturel, il est bien vite ramené à la réalité.
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Ven 9 Déc - 23:43

« T’as besoin de deux ou trois jours pour acheter une bouteille de vin ? » La question fuse, et un sourire s’étire sur les lèvres de Ciaran. Le ton employé n’est pas méchant, ni même moqueur – plutôt taquin, comme puisé dans un ancien réflexe de leur relation fraternelle presque fusionnelle, celle qui date tellement qu’ils ont sans doute tous les deux oublié comment c’était de la vivre. Ca le fait sourire de plus belle, et l’espace d’un instant, il se sent heureux – heureux de retrouver ce frère perdu de vue, de pouvoir se comporter avec lui normalement, et de penser à l’avenir, aux futurs qu’ils pourront se construire ensemble, plus proches qu’avant. Le passé doit être enterré comme tel ; mais le futur est à eux maintenant. Ciaran est plus entouré, sera plus stable, ira mieux. Rien ne l’empêchera d’être là pour son frère, d’être un bon frère, et un jour même peut être de le faire entrer dans la confidence de son état – qui sait. « Je t’ai connu plus aventurier que ça, Will », il note finalement en ricanant un peu, toujours taquin – presque tendre, s’il savait ne serait-ce que ce qu’est la tendresse. Quand Will aborde la question de la petite culotte, l’interrogeant pour savoir si elle lui a été raconté, Ciaran tente de ne pas se fermer, de ne pas laisser entrevoir le moindre changement dans le comportement, dans l’attitude générale, dans le moral. Il ne veut pas gâcher l’instant, cette minuscule tentative de normalité à laquelle ils s’emploient tous les deux sans relâche, et dont il doit être sans doute un peu plus l’instigateur, dans la mesure où son frère le considère responsable de leur éloignement. Alors il esquisse la question d’un haussement d’épaule, comme si elle était normale, comme s’ils se parlaient régulièrement, et secoue la tête. « Non, jamais », il répond en prenant une inspiration. « Mais ça ne m’étonne pas tellement. J’ai toujours trouvé que les femmes étaient un peu folles – j’imagine qu’elles le sont d’autant plus quand elles sont confrontées à leur acteur préféré qui se trouve être un type comme toi. T’as pas démérité, et on peut pas dire que les gênes physiques familiaux soient un inconvénient dans la vie de séducteur que tu dois mener », il finit lâcher, toujours souriant. « T’as pas envie de te poser ? Fonder une famille ? » La question relance le sérieux – Ciaran joue avec l’accoudoir de son siège en s’interrogeant à son tour sur cette envie éventuelle – il est persuadé qu’il serait, de toute façon, un père terrible. Hérédité oblige – ils n’ont pas été gâtés à tous les niveaux.
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Dim 11 Déc - 20:00

Ciaran se moque de lui et William rit de bon cœur. Il préfère honnêtement qu'il le prenne de cette manière. Ce ne serait pas forcément productif qu'il voit vraiment ce qu'il entendait par là. William est d'une certaine manière heureux qu'il soit présent dans sa vie. Oh il ne lui dira pas, même avec des rangées de verres bus les uns après les autres, mais c'est ce qu'il a toujours voulu finalement. Alors cela sous entend aménager un peu son temps pour créer de la place pour Ciaran dans sa vie, mais il a désormais l'occasion d'avoir de la famille pour qui il a une réelle affection. Même si il se comporte comme le fils modèle et qu'il aime ses parents comme un enfant le fait sans jamais vraiment se poser la question, il ne se sent pas proche d'eux, leur en veut beaucoup aussi tout comme Ciaran. Alors évidemment, la perspective de renouer avec son frère vaut bien qu'il prenne le temps de réorganiser sa vie et d'y laisser entrer quelqu'un d'important. « Pour du vin de merde non. Mais tu vois ce que je veux dire... » La célébrité, toutes ces choses, les avant premières, les shoots. Il lui faut le temps de se retourner. Il le fera bien sûr, mais il ne peut pas non plus tout annuler du jour ou lendemain. Il donne suffisamment de fil à retordre à son agent et tous les gens qui travaillent avec lui. Will manque de s'étouffer lorsqu'il entend Ciaran parler de vie de famille. Clairement, il a loupé un épisode, et William ne peut pas s'empêcher de ricaner à l'idée. « Une vie de famille ? C'est ce que tu veux avec Grayson ? Parce que franchement, vu le modèle parental, je pense que l'un comme l'autre, on devrait pas se lancer là dedans. » Il secoue la tête et avale une grande gorgée de vin pour oublier cette idée saugrenue, avant de décider de tempérer un peu son jugement sur son frère. Après tout, il ne peut pas faire des hypothèse sur lui comme si il le connaissait mieux que personne. Ce n'était plus vraiment le cas. « Enfin, j'en sais rien. Si ça se trouve tu ferais des merveilles. Au moins tu sais exactement ce qu'il ne faut pas faire pour faire fonctionner une relation et pour offrir un cadre correct à tes gosses. C'est déjà ça. » Il soupire. « Moi je serai un mari à chier.  Un père encore pire. Franchement non. C'était la mauvaise idée de la soirée.» Il accompagne le tout d'un rire et lève son verre.
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MessageSujet: Re: I haven't seen you in a long time w/ Ciarán   Ven 16 Déc - 11:35

Ciaran rit, le cœur plus léger d’un coup – il est content d’être venu retrouver son frère malgré la crainte des retrouvailles après toutes ces années de séparation. Peut être finalement que passée l’amertume, leur complicité ne sera pas si difficile à retrouver. Peut être que les choses iront de mieux en mieux et que le pire est derrière eux. Ou pas. Viendra un jour où il sera bien obligé de dire à son frère ce qu’il est réellement – il le pense, il le sait. Parce que les secrets finissent toujours par pourrir une relation, comme ça a déjà été le cas, autrefois. Quand ils étaient plus jeunes. Ciaran rit de nouveau en s’imaginant marié et père et secoue la tête. Il aurait pu s’imaginer dans ce modèle familial, vraiment – il aurait pu y croire. Avant de sombrer dans l’extrême et de se décider à provoquer sa chance par le sortilège de l’imperium. Avant ça, il aurait pu envisager tout le reste. Il a renoncé à ces projets en choisissant Chris, cela dit. On ne construit pas une famille sur des bases malsaines, il le sait. Il ne veut pour rien au monde infliger la noirceur de son âme à un enfant, et c’est sans doute un sursaut d’humanité dont on lui sera redevable à un moment donné. « Non, pas du tout. Je pense que je serais le pire père du monde et un mari insupportable », il répond finalement en haussant une épaule défaitiste. « Je pensais que tu serais plus optimiste, cela dit. T’as toujours été le grand frère de nous deux, celui qui s’occupait de moi pour rendre le quotidien moins dégueulasse, j’imaginais que c’était pas si fou de te voir assumer le rôle de père un jour. Mais après tout, on a le temps d’y repenser, aussi ». Ils sont encore jeunes – même si les années filent indéniablement.
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